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Témoignages Parrains

Entretien avec Marie-Amélie Le Fur, marraine de la Campagne Handivalides depuis 2009

Marie-Amélie Le Fur

Marie-Amélie Le Fur, athlète handisport plusieurs fois médaillée, est marraine de la Campagne Handivalides de Starting-Block depuis 6 ans maintenant. Elle a choisi de renouveler son engagement à nos côtés pour la 7ème fois en 2015, et revient avec nous sur son choix de rester au plus proche de la Campagne.

Bonjour Marie-Amélie, pourquoi avoir choisi une nouvelle fois d’être marraine de la Campagne Handivalides ?

Dans la même perspective que les années précédentes, je me retrouve dans les valeurs portées par la Campagne, et j’apprécie la diversité des thématiques qu’elle aborde à chaque fois. C’est aussi parce que je crois dans l’importance d’une action menée dans la durée : c’est la seule manière de favoriser un réel changement dans les regards et les actes. Et la thématique de la Campagne privilégie chaque année me confirme, à chaque fois, dans ma volonté de vous accompagner dans cette aventure !

Cette année marque la 10ème édition de la Campagne Handivalides. Cela pose la question de l’état de la situation, en matière d’accessibilité des études supérieures. Doit-on s’en réjouir, ou doit-on voir dans cet anniversaire le signe d’une difficulté à faire changer les choses, et de la nécessité constante de sensibiliser ?

Il est vrai que cet anniversaire montre deux choses : certes, les Universités et Grandes Ecoles prennent de plus en plus en main la question de l’accessibilité des études supérieures. Mais il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour arriver à une situation satisfaisante pour tous. Les avancées sont réelles, mais il y a encore tellement de choses à faire et de points à aborder pour faire progresser la situation du handicap que la Campagne a toutes les raisons de continuer encore quelques années !

Concrètement, de quelles avancées peut-on se réjouir ?

La prise en compte, dans la notion d’accessibilité, de l’accès à l’information, de l’organisation des examens, et du sentiment d’autocensure que vivent les jeunes en situation de handicap a permis de belles avancées, par exemple.

D’autre part, l’engagement de Starting-Block au sein même des établissements permet de sensibiliser et de faire réfléchir très concrètement aux questions de l’accessibilité. L’effort de sensibilisation, à l’adresse de la communauté universitaire dans son ensemble, a favorisé une meilleure connaissance du handicap visible et invisible, de sa complexité et de sa pluralité.

L’année dernière, tu soulignais la nécessité d’intégrer à la notion d’accessibilité les activités extrascolaires, lieu de socialisation et d’épanouissement fondamental de toute vie étudiante.

En effet, il s’agit d’un cheval de bataille dont on a déjà parlé, qui était un axe important de la Campagne d’il y a deux ans, et qui ne doit pas être oublié. Des avancées ont certes pu être notées sur ce point mais il me semble que les changements sont loin d’être effectifs dans l’ensemble des établissements. Il est toujours important de rappeler qu’être étudiant, ce n’est pas seulement aller en cours, c’est aussi participer à des activités culturelles, sportives, sociales et associatives en tout genre.

D’ailleurs, lors des précédentes éditions, tu mettais au cœur de ton discours le vecteur d’inclusion qu’est le sport. A l’inverse, penses-tu que le sport peut aussi être un outil efficace et pertinent de sensibilisation ? Le handisport sera présent sur de nombreuses dates de cette Campagne 2015, et nous avons par exemple développé un outil, le « volley-assis ».

Je pense en effet que c’est un très bon outil, car il permet de rendre le handicap ludique. Cela montre que l’on peut s’amuser et rire en situation de handicap ! Et puis, faire du sport dans une situation de handicap permet de casser des stéréotypes, de toucher du doigt les freins à l’accessibilité matérielle, et surtout, de faire émerger beaucoup de questions dans les esprits des participants. Et c’est justement ces questions qui ouvrent la voie, dans un deuxième temps, à un vrai bel échange pour traiter les problèmes de fond liées au handicap. Le handisport, c'est une porte d’entrée vers un dialogue collectif et constructif sur la réalité du handicap.

Autrement dit, la sensibilisation au handicap passe autant par une démystification de la situation de handicap, que par un partage d’expériences et un échange plus théorique sur l’état des choses. Penses-tu qu’il faille être confronté directement, dans notre vie ou notre environnement proche, au handicap pour y être sensibilisé ?

Il est vrai qu’aujourd’hui plus de 60% de la sensibilisation se fait parce que les gens sont touchés de près ou de loin par des situations de handicap. Moi-même, je n’étais pas directement sensible aux questions de handicap avant mon accident, notamment parce que j’étais jeune !

Après, je pense qu’il faut noter une évolution des mentalités, et que de plus en plus de gens cherchent à comprendre, à connaître, à s’approprier les situations de handicap par eux-mêmes. À mon sens, il est de moins en moins nécessaire d’être directement touché par le handicap pour s’y intéresser.

Sur ce point, la loi de 2005 te paraît-elle apporter de nouveaux outils pour faire changer les mœurs et les actes ?

La loi de 2005 a plutôt aidé à l’insertion des salariés handicapés. Mais, je ne suis pas sûre qu’on puisse en soi la considérer comme un acte de sensibilisation envers la population. Il est vrai que la loi a permis de faire évoluer les mentalités, dans une dynamique d’inclusion professionnelle des travailleur handicapés. Tout le monde aujourd’hui sait que l’on peut être travailleur handicapé et performant ! Seulement, l’effectivité de la loi dépend encore trop de l’entreprise, de sa manière de la mettre en œuvre : au-delà des actes, il y a des valeurs, et recruter des travailleurs en situation de handicap n’est pas la même chose que mener une réelle politique handicap au sein de l’ensemble de l’entreprise. À nous de sensibiliser, d’expliquer et de convaincre de la plus-value pour tous d’inclure également chacun dans la formation et l’emploi.

Au-delà de ton parrainage de la Campagne, quels sont tes projets pour 2015 ?

Je m’entraîne pour les Championnats du Monde d’athlétisme handisport, qui auront lieu à Doha, au Qatar, en novembre 2015. Et à part la dimension sportive, je compte bien continuer à vivre, à travailler, à m’engager !

Merci à toi, merci pour ton engagement, merci pour ton soutien sur la Campagne ! En te souhaitant un bon courage, et quelques médailles en novembre prochain !

Propos recueillis par Aminata, volontaire Campagne Handivalides à Starting-Block