Navigateur incompatible avec le site Starting Block
Conteneur global
Fil d'ariane
AccueilLa campagneActualitésTémoignages parrains« Comprendre et diagnostiquer la dyslexie », le combat de Laure

Témoignages Parrains

« Comprendre et diagnostiquer la dyslexie », le combat de Laure

Etudiante dyslexique à l’école d’ingénieur Polytech Nice-Sophia, Laure est la marraine de la journée Handivalides de son établissement pour la première fois. Elle revient pour nous sur ce qu'est la dyslexie, ce qu'elle a impliqué dans son parcours scolaire et universitaire, et la manière dont elle le vit. Merci à elle pour ce témoignage.

Photo de Laure

Bonjour Laure, pourrais-tu te présenter ?

Je m’appelle Laure, j’ai 25 ans. J’ai obtenu une licence Mathématiques/Physique à la faculté des sciences Valrose et suis actuellement étudiante en Mathématiques appliquées et modélisation à Polytech.

Comment as-tu vécu ton handicap durant ton parcours scolaire ?

Etant jeune, cela a été un grand traumatisme. Lorsque qu’il m’arrive aujourd’hui d’évoquer ma dyslexie, la majorité des gens sait globalement de quoi il s’agit. A l’époque où j’étais en CP, la dyslexie était nettement moins connue. Je n’arrivais pas à apprendre à lire et on m’a rapidement cataloguée comme étant une « enfant sous-douée ». Personne n’a cherché à comprendre la cause de mes difficultés notamment pourquoi j’inversais quasiment toutes les lettres.

Une fois que ma dyslexie orthographique a été détectée, j’ai été suivie par une orthophoniste jusqu’à l’adolescence. 2 fois par jour. 6 jours sur 7. J’en garde un dur souvenir, j'avais des journées interminables, beaucoup plus de travail que mes camarades, j'avais l'impression d'être punie. Ma dyslexie n’a jamais été mentionnée sur mon dossier et j'ai passé mon bac sans aménagement.

Et au niveau des études ? As-tu bénéficié d'aménagement ?

J'ai obtenu des aménagements seulement à partir de mon arrivée à Polytech l’année dernière. J’avais de mauvais résultats alors que je donnais mon maximum et que je comprenais tout. Je suis allée discuter avec mes professeurs et leur ai parlé de la dyslexie qui m'avait été diagnostiquée étant petite. Suite à cela, j’ai fait un bilan et j'ai découvert que ma dyslexie est très sévère et que j'en cumule en réalité plusieurs types. Lorsque j’étais au CP, je devais à tout prix apprendre à lire et on s’est donc concentré sur ma dyslexie orthographique. En plus de cela, je n’ai jamais accepté mon handicap, je l’ai entièrement refoulé et je n’ai pas établi de causalité entre mon échec scolaire et ma dyslexie. J’avais l’impression qu'il était du à un manque de travail ou d'intelligence. Je me suis donc adaptée durant toute ma scolarité et j'ai réussi à compenser mon handicap. Aujourd’hui, à mon niveau, ce n’est plus possible.

Suite à cette reconnaissance de mon handicap par mon école, j’ai pu bénéficier d'aménagement et j’ai réalisé une belle progression.

Je suis davantage confiante, mais mon handicap reste une grande frustration. En plus de cela, j’ai développé un stress important concernant mes examens, à force de penser que je n’y arriverai pas. C’est une barrière que je me mets moi-même et ce blocage représente aujourd'hui encore un véritable obstacle.

Que retiens-tu de la journée Handivalides de ton établissement ?

Les individus ayant une lourde dyslexie comme la mienne sont peu nombreux dans les études supérieures. Dans mon cas, je n’aurais même pas dû obtenir le brevet. La journée Handivalides permet justement d’échanger sur ces difficultés et j’ai pu découvrir d’autres types de handicap, qu’ils soient moteurs ou cérébraux. Toutefois, je regrette de ne pas avoir eu plus d’informations sur ma propre situation, et actuellement je suis toujours en demande. Même en posant des questions, je n’ai jamais eu de réponse claire concernant mon handicap et je ne comprends toujours pas ma différence.

Propos recueillis par Antoinette Reyre,

Starting-Block