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Romain : "comment rendre les activités sportives accessibles aux étudiants handicapés ?"

C’était le thème de la table ronde de la Journée Handivalides à l'Université de Nice Sophia Antipolis. Romain, bénévole de Starting-Block et escrimeur, avait fait le déplacement.

Romain faisant de l'Handi-Escrime (c) N. Darphin, UPECPhoto: Romain lors de la Journée Handivalides à l'UPEC, ©Nicolas Darphin UPEC.

Bonjour Romain. Qu’as-tu pensé de la table ronde à l’Unice ?

J’ai trouvé cette rencontre intéressante, surtout par la diversité des interlocuteurs. Etaient réunis autour de la table à la fois des enseignants, la chargée de mission handicap de l’université, des associations et clubs de sport niçois, ainsi que l’entreprise Amadeus, partenaire de la journée. La question centrale était : comment intégrer les étudiants handicapés dans les programmes de sport ? On a pu voir que les intervenants étaient extrêmement complémentaires. En travaillant ensemble, un vrai plan d’action peut être mis en place.

Peux-tu développer cette idée de complémentarité entre université, entreprise, club sportif etc. ?

De manière très schématique, l’université compte plus de 200 étudiants ayant déclaré un handicap, mais elle ne dispose pas du matériel adapté pour leur permettre la pratique de tous les sports. Les échanges ont permis de mettre en lumière le fait que certains clubs sportifs niçois disposent de ce matériel. Une des solutions pourrait être de mettre ce matériel à disposition de l’université ou de permettre aux clubs d’accueillir des étudiants handicapés via un partenariat avec l’université. Quant aux entreprises, elles pourraient, dans certains cas, financer l’achat de ce matériel spécifique. L’intérêt de la table ronde était donc de réunir tout le monde pour pouvoir mettre en place un travail en synergie dès la rentrée prochaine.

Quelles difficultés une université rencontre-t-elle quand elle cherche à rendre ses activités sportives accessibles ?

J’en vois une principale : on demande à l’université de répondre à une demande « a priori », c'est-à-dire d’avoir à disposition des équipements et du matériel adapté. Or il y a peu de demandes et quand il y en a, ce sont des demandes hyper spécifiques, puisqu’il existe une multitude de handicaps et que chaque sport demande un matériel très particulier. Nous avons évoqué l’exemple d’un fauteuil roulant pour la pratique du sport qui a été acheté, mais comme c’est un fauteuil qui n’est destiné ni à un sport en particulier ni à une personne en particulier, finalement nul ne s’en sert.

C’est selon moi problématique de devoir mettre en place des choses, parfois extrêmement coûteuses, en anticipant un besoin qui sera forcément décalé avec la réalité.

Journée Handivalides à Nice 2013

Photo: Parcours en fauteuil lors de la journée Handivalides à Nice

Quelles pistes d’action peuvent être envisagées ?

Au niveau des pistes d’action concrètes, nous avons évoqué la question de la communication. Il faut pouvoir informer les étudiants en situation de handicap que les activités sportives leur sont ouvertes. Le club handisport de Nice pourrait prêter du matériel en démonstration pour montrer que ça existe et proposer une alternative à l’université.

Il faut également insister sur le fait que la pratique sportive pour les personnes en situation de handicap, ce n’est pas qu’une question de matériel. Ce sont les personnes concernées qui connaissent le mieux leurs besoins. L’important, c’est donc de leur laisser la porte ouverte puis de voir avec elles, au cas par cas, les aménagements et le matériel éventuellement nécessaires.

Qu’aimerais-tu ajouter en guise de conclusion ?

J’aimerais revenir sur deux points :

La pratique sportive en université, c’est avant tout une pratique de loisirs. On y va pour s’amuser, se détendre, connaître des gens... Celui qui est vraiment passionné par un sport en particulier et désire le pratiquer à un très haut niveau aura tendance à s’orienter plutôt vers les clubs sportifs spécialisés. C’est pourquoi l’accueil des étudiants handicapés, comme les autres, sur les activités proposées dans le cadre universitaire, est essentiel en terme d’inclusion des personnes en situation de handicap.

Lors des échanges, nous avons insisté aussi sur le fait que le sport, ce n’est finalement qu’un sujet d’application, un volet de l’intégration des étudiants. L’important, c’est la démarche, qui doit pouvoir s’appliquer à tous les aspects de l’inclusion.

De ton côté, tu pratiques l’escrime handisport depuis plusieurs années. Comment est-ce que ça se passe ?

Je pratique depuis 2000 dans un club à Vincennes. C’est un club au départ pour les personnes valides. Quand je suis arrivé, ils venaient juste d’acheter le matériel adapté et j’étais la première personne handicapée du club. Depuis, on est 6 à faire régulièrement des compétitions, quatre en fauteuil et deux malvoyants, plus d’autres qui pratiquent pour le loisir.

Dans le club, nous sommes complètement intégrés avec les valides. Il y a un cours spécifique handisport juste pour nous, où l’on apprend les techniques spécifiques à l’escrime handisport, plus quatre autres créneaux par semaine qui sont ouverts à tout le monde. Je n’ai jamais eu aucune difficulté à trouver des gens pour tirer avec moi.

Pour toi, c’est important de pratiquer une activité sportive où valides et handicapés sont ensemble ?

Oui, je trouve ça intéressant, dans la mesure du possible, que les sportifs handicapés soient intégrés aux sportifs valides. Personnellement, je considère le sport justement comme un excellent vecteur de mixité et de socialisation.

Propos recueillis par Amélie Nicaise