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AccueilLa campagneActualitésTémoignages parrainsCécile : « Le handicap reste bien souvent tabou car méconnu. »

Témoignages Parrains

Emilie: « parfois, l’être humain est oublié de l’équation de l’architecte. »

On retrouve avec plaisir Emilie, étudiante en architecture à l’ENSAPM et déficiente visuelle. Elle avait déjà accepté l’an dernier d’être la marraine de la Journée Handivalides.

photo dessin Emilie

Peux-tu nous résumer ton histoire ?

A la fin de ma quatrième année d’architecture, je suis devenue malvoyante. Depuis, cela fait trois ans que j’essaie de passer ma cinquième année. Cette cinquième année « extensible », je la dois aux opérations à répétition que je subis régulièrement à cause de ma maladie. J’en suis à plus de 14 interventions ! Mais là, j’espère vraiment passer mon diplôme fin juin. J’ai demandé à l’équipe médicale qui me suit de reporter une nouvelle opération aux yeux, prévue normalement fin mai.

Quels sont tes projets ensuite ?

J’aimerais réaliser une thèse, peut-être dans un autre domaine que l’architecture. Je suis passionnée par la littérature. Je me pose aussi beaucoup de questions quant à la compatibilité de mon handicap avec les métiers liés à l’architecture. Du fait de mon handicap, je me sens un peu bloquée dans une forme d’idéal.

A ce propos, l’an dernier, tu nous avais parlé de la revue Editions dont tu es cofondatrice ?

Pour le moment, ce projet est un peu en stand by par manque de temps à y consacrer. Mais nous allons le reprendre dès que possible. Notre idée est de pouvoir prendre du recul et porter un regard critique sur le métier d’architecte. Je reste convaincue que c’est un métier à dimension sociale qui doit toujours placer l’homme au centre de sa réflexion. La réalité malheureusement montre parfois que l’être humain a été oublié de l’équation de l’architecte.

Tu peux nous parler justement de l’accessibilité. Comment cette notion est-elle abordée dans les cours d’architecture ?

Je trouve qu’elle n’est pas suffisamment abordée. Certains architectes éludent carrément la question : les normes sont là, on n’a donc pas à en discuter. Il faut surtout se rappeler qu’être architecte est un métier de compromis. Devant l’ensemble des critères à satisfaire, c’est bien souvent dans le cortège des normes handicap qu’ont été jusqu’ici réalisés le plus de compromis, aux dépends de l’accessibilité. Mais attention, il ne s’agit pas de faire du « tout handicap », qui peut tout autant donner lieu à des aberrations architecturales. La norme doit être raisonnée pour être efficace.

Avec l’organisation de la journée Handivalides nous voyons à quel point il est difficile d’intéresser les architectes à la question. Cela devrait concerner tout le monde et pour moi, ce n’est qu’une question de bon sens.

Comment s’est passée la Journée Handivalides cette année dans votre école ?

Le bilan est plus mitigé que l’an dernier, probablement à cause de la date qui est tombée au début d’une semaine de rendu. Du coup, on a eu beaucoup moins de fréquentation que l’an dernier. Je trouve ça triste que si peu d’étudiants s’intéressent à la thématique. Personnellement j’ai passé une bonne journée et j’ai fait de nouveau de belles rencontres avec l’équipe de Starting-Block. Même si le handicap ça ne fait pas rêver en école d’archi, je suis convaincue qu’il faut continuer !

Propos recueillis par Amélie Nicaise, Starting-Block

Retrouvez en cliquant ici le témoignage d'Emilie, réalisé en 2012