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Témoignages Parrains

Fatima-Zohra : « Beaucoup de gens ne sont pas au courant de l’existence des aménagements »

Fatima-Zohra est étudiante en situation de handicap à l’Université Paris Est Créteil (UPEC). Marraine de la journée Handivalides de son établissement, elle témoigne de son parcours universitaire entre l’Algérie et la France.


©UPEC / Nicolas Darphin

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Bonjour Fatima-Zohra, pourrais-tu te présenter ?

Je m’appelle Fatima-Zohra, j’ai 29 ans. J’étudie la littérature francophone à l’UPEC depuis 3 ans dans le cadre d’un Master de Lettres modernes. Je suis atteinte de rétinite pigmentaire, c'est-à-dire que ma vision baisse progressivement.

J’ai d’abord réalisé une Licence en littérature francophone en Algérie, pays dont je suis originaire. Aucun service n’était compétent dans mon université pour venir en aide aux personnes handicapées. Ce n’était pas si grave, car à l’époque, mon handicap n’était pas aussi important.

Comment s’est passée ton arrivée en France ?

Ma 1ere année à l’UPEC a été très difficile. En arrivant en France, je ne savais pas qu’il existait des services dédiés sur chaque campus. Je demandais directement aux professeurs d’augmenter la taille des lettres sur les polycopiés des examens parce que, pour moi, c’était illisible. Mais très peu s’en souvenaient. On m’a même demandé de changer de lunettes…

J’ai donc rendu visite au médecin de la Maison de la santé, lequel a constaté mon handicap et m’a donné une attestation de malvoyance. Grâce à ce document, j’ai pu obtenir un tiers temps supplémentaire pour tous les examens, ce qui m’a bien aidé. Mais je n’arrivais toujours pas à obtenir des polycopiés adaptés à ma vision restreinte. Je me suis donc armée d’une bonne loupe pour m’adapter comme je pouvais.

A la fin de la deuxième année, j’ai enfin rencontré Brigitte Chenaye, responsable du Relais Handicap de l’Université. Elle m’a aidée à obtenir un statut de RQTH (Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) auprès de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). Elle s’est battue pour accélérer la prise en compte de mon dossier pour la rentrée suivante. Je tiens vraiment à saluer son travail.

En 3ème année, j’ai pu avoir accès à deux ordinateurs adaptés situés sur le campus. Mme Chenaye essaye en ce moment de nous obtenir un téléagrandisseur, appareil qui permet de lire les textes imprimés en les agrandissant. Autant dire que cette rencontre a changé ma vie d’étudiante ! Ma situation s’est également améliorée sur le plan financier car je bénéficie d’une petite allocation pour adulte handicapé. En faisant du soutien scolaire deux heures par jour, j’arrive à être autonome financièrement.

Un message à faire passer ?

Je voudrais insister là-dessus : beaucoup de gens ne sont pas au courant de l’existence des aménagements pour les personnes handicapées. Quand je parle avec mes amis, ils me disent : « Ah bon ? Ca existe? ». Il est donc nécessaire de faire des campagnes de sensibilisation du type Handivalides sur les campus, dans les collèges / lycées et pour les étrangers au travers du programme Campus France. J’aimerais tellement que les autres en profitent comme moi !

J’ai connu des malvoyants qui prenaient leur handicap comme une honte. Si j’étais restée chez moi, je serais passée à côté de ma vie. Il faut oublier le regard des autres. Parfois, on se sent coupable de quelque chose quand on a un handicap.

Donc si j’ai un message à faire passer aux jeunes handicapés, c’est de ne pas rester cloîtrés, de vivre cette vie. Ce n’est pas parce qu’ils ont un handicap qu’ils ne sont pas comme tout le monde. Le handicap n’est pas mortel, il est compensable et il faut vivre avec.