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Témoignages Parrains

Yassir : " changer les mentalités, pour ensuite changer les faits"

Yassir est membre de l’association étudiante Handizgood, qui a pour objectif de faciliter l’accès aux études et à la vie étudiante pour les étudiants handicapés sur le campus de l’INSA Lyon. Non-voyant, il a accepté de parrainer la journée Handivalides de son établissement.

Nous lui avons posé quelques questions sur son parcours.

Peux-tu te présenter brièvement ?

Je m’appelle Yassir, j’ai 21 ans et je suis en 3ème année d’informatique à l’INSA de Lyon. Je prépare le diplôme d’ingénieur informatique, que je devrais obtenir dans 2 ans.

Peux-tu nous raconter ton parcours ?

Mon parcours scolaire est particulier : j’ai fait tout mon secondaire au lycée français de Casablanca. J’ai pu bénéficier d’aménagements pour les examens et les épreuves écrites. Cela mis à part, je n’ai pas reçu d’aide spécifique, car au Maroc, il n’y a pas de système prévu si l’on veut étudier dans un établissement ordinaire.

J’ai eu la chance d’avoir une famille qui m’a accompagné, une famille de scientifiques de surcroît. A l’époque, la plupart des professeurs ne travaillaient pas sur supports numériques. Mais au niveau collège/lycée, la technicité des études n’est pas si élevée et on peut s’en sortir sans. Je n’ai pas utilisé le braille non plus parce que je savais qu’aucun de mes profs n’était en mesure de le lire! D’où l’importance d’avoir une famille très proche et présente pour nous venir en aide dans ces moments là.

Finalement, j’ai obtenu mon bac avec mention très bien.

Comment s’est passée ton inscription dans l’enseignement supérieur ?

Je recherchais un établissement en France, pas forcément dans le domaine de l’informatique car je pensais étudier l’économie.

J’ai été refusé dans plusieurs classes prépas. Certains lycées m’ont même déclaré qu’ils refusaient ma candidature du fait de mon handicap. Ils m’ont expliqué qu’ils n’étaient pas en mesure d’accueillir des personnes aveugles. Mais comme je rencontre des difficultés tous les jours, j’ai appris à les relativiser!

Finalement j’ai été reçu à l’INSA Lyon. J’avais entendu parler de la bonne réputation de cette école. Je n’ai eu aucun souci d’intégration et je ne regrette pas ce choix.

Peux-tu nous donner des exemples d’aménagements qui ont été mis en place à l’INSA ?

Il y a le système habituel d’aménagement des épreuves, avec un assistant chargé de me lire les questions et de faire la prise de note. Cela s’accompagne d’un tiers de temps supplémentaire parce que je dois dicter toutes mes réponses. Du coup, une dissertation de 4h me prend 5h30 et je ne suis plus toujours aussi frais à la fin ! Mais je m’en sors quand même.

Je peux également faire appel à des tuteurs, qui sont des étudiants de dernière année me donnant un coup de main pour réviser ou pour prendre des notes lorsque des diagrammes ou des schémas sont en jeu.

Et concernant les stages ?

J’ai réalisé un stage en 1ère année dans une start-up et j’en prévois un autre cette année. Je n’ai pas plus de problème que les autres étudiants pour trouver un stage. Les employeurs savent que, quand ils ont affaire à un étudiant de 3ème année de grande école d’ingénieur, il s’agit de quelqu’un qui sait et qui peut travailler.

Dans mon domaine, les recruteurs sont généralement des ingénieurs. Ils ont un profil technique, donc ils comprennent tout de suite de quoi je parle quand je leur présente les différents procédés technologiques qui me permettent de bosser. C’est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de travailler dans l’informatique.

Un message à faire passer ?

Selon moi, la journée Handivalides 2013 s’est très bien passée. Ce type d’action de sensibilisation commence à se diffuser, et c’est un bon signe.

Le plus important c’est de changer les mentalités, pour ensuite changer les faits. L’avantage des étudiants, c’est que c’est de la matière brute ! Ils sont jeunes et ouverts d’esprit, on peut facilement leur faire comprendre les choses.