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Témoignages Parrains

Témoignage de Maurice

En direct de la Journée Handivalides à Polytech Nice Sophia, Maurice, étudiant sourd et parrain de la Journée, nous raconte son parcours. Au micro de Benjamin, un de ses camarades de cours, il explique combien les avis des professeurs jouent, parfois trop, sur les choix d'orientation des élèves. Dans son cas, cela a plutôt été une réussite....

Photo de MauricePeux-tu te présenter ?
Je suis en 3e année à Polytech Nice Sophia, en Informatique, après avoir suivi une prépa à l'Université de Montpellier. Pourtant, après la 3e, je souhaitais m’orienter en BEP électricité. Mon professeur principal a refusé, parce qu’elle croyait en mes capacités pour des études supérieures. J’ai donc penché pour une filière STI (Sciences technologiques industrielles) mais, à nouveau, elle m’en a dissuadé. Elle m’a conseillé de plutôt viser une filière générale scientifique. J’ai suivi ses conseils, et après avoir obtenu mon bac S, j’ai voulu intégrer un BTS Electronique. J’ai suivi plusieurs réunions sur l’orientation et entendu parler de Polytech. J’avais un peu peur de choisir la voie « Grande Ecole » et l’informatique, domaine que j’aimais beaucoup pourtant. Ma maman, sourde comme moi, m’a poussé à faire ce qui correspondait le plus à mes envies.
Comment s'est passée ton arrivée à Polytech Nice ?
J’ai toujours étudié avec des élèves sourds durant mon parcours scolaire. L’entrée dans l’enseignement supérieur a donc été un gros changement. A l'Université de Montpellier, il y avait 7 autres étudiants sourds. J’ai donc été accueilli sans trop de difficultés car les dispositifs étaient déjà en place. A Polytech Nice, cela a été très différent. J’ai eu l’impression de tout recommencer à zéro sans plus de contacts avec d’autres étudiants sourds. Je suis arrivé dans l’établissement en septembre et je n’ai obtenu l’assistance d’un interprète qu’en décembre. J’ai quand même eu de la chance de retrouver à Polytech un camarade de prépa qui m’a aidé pour la prise de note.
Notre chef de département et les autres professeurs ont été compréhensifs. Ils ont réussi à nouer un lien avec moi, pour mieux comprendre mes difficultés et mes besoins. Ils ne m’oubliaient pas malgré le déficit de dispositifs concrets.
Et au niveau de ton intégration dans la vie étudiante ?
Les autres étudiants sont souvent curieux et me pose beaucoup de questions. Ils essayent d’apprendre la LSF (Langue des Signes) pour communiquer plus facilement avec moi. Pour les soirées, j’y vais, sans problème et sans prévenir le BDE (Bureau des Etudiants). De toute manière, avec l’alcool, tout le monde devient sourd ! Au niveau de la programmation culturelle de la ville, il n’y a, à ma connaissance, aucun cinéma sous-titré. Il est aussi très difficile d’accéder aux informations sur les programmations.
Quels sont selon toi les défis prioritaires à relever au niveau des études et du handicap ?
Il faut encourager les jeunes handicapés à poursuivre des études. Nombre d’entre eux ont encore peur de se lancer dans l'enseignement supérieur. S’ils osaient, cela forcerait les écoles à se rendre plus accessibles. J’encourage de mon côté mon entourage en affirmant que c’est possible ! Moi le premier, je ne pensais pas que je serais en mesure de faire des études longues. On est tributaire des professeurs qui décident des études que l’on est censé pouvoir mener à bien ou non. Aujourd'hui, j'ai envie de dire merci à ce professeur qui m’a poussé et encouragé au collège !
Propos recueillis par Benjamin, étudiant à Polytech Nice Sophia