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Paroles d'Experts

Les témoignages d’experts présentés dans cette rubrique ont été réalisé à l’occasion du 10ème anniversaire des Journées Handivalides.

Laurence Mialaret-Tabaries, Responsable mission handicap du Groupe AREVA

Nous avons interviewé Laurence Mialaret-Tabaries, Responsable de la Mission Handicap du groupe Areva.

Portrait Laurence MialaretComment se situe le groupe Areva en terme d’emploi des personnes handicapées ?

Fin 2012, notre taux d’emploi était de 4,57% sur les 28 000 personnes que nous employons en France. Nos recrutements de travailleurs handicapés se font beaucoup sur des fonctions logistiques, sur des chantiers, sur de la conduite d’installation etc. contrairement au cliché selon lequel les personnes handicapées ne peuvent être qu’informaticiens ou secrétaires.

Nous négocions actuellement avec les partenaires sociaux notre troisième accord de groupe en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap. L’objectif est d’atteindre les 6%, mais plus notre taux d’emploi progresse, et plus il est difficile de l’augmenter. Le premier accord de ce type a été signé en 2007. Les politiques handicap d’Areva sont pilotées au sein du groupe par la direction de la diversité et de l’égalité des chances. Chez Areva, nous avons souhaité faire du handicap un sujet transverse, car ce n’est pas un sujet relevant uniquement des ressources humaines. Notre politique handicap est implémentée dans toutes les activités du groupe. Elle est animée par un réseau des référents diversité présents sur chacun de nos 87 sites en France. Ces politiques sont mises en oeuvre sur le terrain par des équipes pluridisciplinaires qui associent les services de santé au travail, la sécurité, les managers et les partenaires sociaux.

Quels sont les principaux obstacles à l’emploi des personnes en situation de handicap à Areva ?

Pour atteindre les 6%, une entreprise peut soit embaucher directement, soit avoir recours à la sous-traitance auprès du secteur protégé ou adapté. En ce qui concerne l’emploi direct, nous avons des difficultés à trouver des personnes ayant les compétences que nous recherchons. Pourtant nous ne recrutons pas que des ingénieurs très spécialisés, mais il est difficile de trouver même en niveau bac ou bac+2. Donc, on embauche de plus en plus d’étudiants en alternance.

Nous travaillons également beaucoup avec les entreprises adaptées et les ESAT, notamment pour l’entretien, les espaces verts etc. Mais quand on arrive sur notre cœur de métier technique, il est très difficile de sous-traiter.

Quelles sont les actions mises en œuvre par Areva en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap ?

Il y a tout d’abord l’alternance. On a, par exemple, recruté, il y a 18 mois, dans la région grenobloise, 5 personnes en situation de handicap avec des profils et des âges complètement différents, qui ont pu ainsi valider un bac pro de chimie, et finalement signer un CDI chez nous. On a aussi un partenariat avec l’université de St Quentin en Yvelines. Nous cherchons à nouer des partenariats avec des établissements très divers ; ça ne nous intéresse pas de recruter des clones !

Ensuite, pour augmenter le taux d’emploi, le recrutement est important mais il y a aussi les « nouvelles reconnaissances », c'est-à-dire des salariés qui sont déjà dans l’entreprise et qui décident de déclarer leur handicap. Une centaine de collaborateurs sautent le pas chaque année. Au départ, il y a souvent une peur, si on se déclare, de ne plus progresser dans sa carrière, d’être mis au placard… Nous leur expliquons qu’ils ont tout intérêt à le faire, pour bénéficier d’une attention particulière, d’aménagements éventuels, et qu’ils ne seront pas stigmatisés.

Ces nouvelles reconnaissances sont importantes pour nous, car ça signifie qu’on a su lever les freins et que nos collaborateurs ont confiance dans la politique mise en œuvre sur le thème du handicap.

On organise aussi dans chacun de nos sites des actions dans le cadre de la semaine du handicap, pour montrer ce qui se fait dans le groupe, et mettre en valeur des initiatives internes à l’entreprise.

Pourquoi est-ce important, selon vous, de déclarer son handicap ?

Certaines personnes en situation de handicap mettent en place des stratégies individuelles de compensation pendant leurs études : elles vont travailler davantage, prendre plus de temps, bénéficier d’aide etc. Mais une fois en entreprise, on n’a plus le temps, on est sous pression, le manager demande une certaine productivité. Elles peuvent être mises en difficulté car leurs stratégies de compensation ou d’évitement ne marcheront plus. C’est important de signaler dès le départ un handicap, pour que l’entreprise puisse s’adapter.

Pourquoi le groupe Areva a-t-il choisi de soutenir la Campagne Handivalides ?

Areva a toujours été très proche des écoles, il n’y avait pas de raison que notre politique handicap n’investisse pas aussi ce champ là. Pour nous c’est important de consacrer du temps pour expliquer aux étudiants ce qu’est le handicap dans l’entreprise. Notre objectif avec la Campagne Handivalides n’est pas nécessairement de repérer des jeunes à recruter, mais avant tout de contribuer à former sur le sujet du handicap les managers de demain.

En général l’entreprise ne va pas forcément au devant des jeunes en situation de handicap, il faut qu’ils osent, qu’ils aillent dans des forums, qu’ils se montrent. La loi oblige à recruter des personnes en situation de handicap, on a les moyens d‘adapter les postes, de faire ce qu’il faut pour qu’ils soient accueillis, intégrés. Mais encore faut-il les trouver !

Propos recueillis par Clément Roux, Starting-Block