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Paroles d'Experts

Les témoignages d’experts présentés dans cette rubrique ont été réalisé à l’occasion du 10ème anniversaire des Journées Handivalides.

Dominique Delwaide, Directrice Opérationnelle de @TalentEgal

Dominique Delwaide est Directrice Opérationnelle de @TalentEgal, association créée à l’initiative de Alcatel-Lucent et des 6 écoles partenaires pour encourager les jeunes en situation de handicap à poursuivre des études supérieures et répondre aux besoins de qualification des entreprises.

Portrait Dominique Delwaide

Quelle est la politique du groupe Alcatel-Lucent en matière d’embauche des personnes handicapées ?

Alcatel-Lucent a signé trois accords triennaux successifs avec les partenaires sociaux pour favoriser l’inclusion des salariés handicapés dans ses équipes. L’objectif de l’accord en cours, qui porte sur 2012-2014, est de réaliser 60 recrutements de personnes handicapées en CDD, CDI et en apprentissage. Le groupe a déjà atteint un de ces critères cible à savoir un taux d’emploi de 3% de collaborateurs handicapés en 2013.

L’obstacle principal rencontré est la structure des métiers de l’entreprise. Alcatel-Lucent recrute essentiellement des personnes avec des formations supérieures à partir de bac + 2, car ses salariés sont à 80% des ingénieurs et des cadres. Or, seuls 4% des jeunes handicapés ont aujourd’hui un niveau supérieur au bac !

Cette inadéquation entre les besoins des entreprises et le niveau de qualification des personnes en situation de handicap est patent dans l’ensemble du secteur des Hautes Technologies.

Comment expliquez-vous ce décalage ?

Par peur du lendemain, la plupart des parents d’enfants en situation de handicap ont tendance à pousser leurs enfants vers des filières courtes. De plus, les structures pédagogiques associées aux environnements médicaux proposent souvent des filières de métiers avec des formations courtes (CAP, BEP, Bac Pro)

Pourtant, certains d’entre eux ont le potentiel intellectuel pour aller beaucoup plus loin.

Il est aujourd'hui indispensable de donner aux étudiants handicapés les moyens de suivre les mêmes formations que tous, afin qu'ils puissent accéder aux mêmes types de postes par la suite.

Que faire face à ce constat ?

En octobre 2010, Alcatel-Lucent a créé, en partenariat avec 6 établissements d’enseignement supérieur, l’association @talentEgal, dont l’objectif est d’accompagner les étudiants en situation de handicap dans la préparation d’un diplôme d’enseignement supérieur en relation avec l’un de ses métiers.

Dans les collèges et les lycées, nous menons des actions de sensibilisation avec pour objectif d’inciter les élèves à la poursuite d’études le plus loin possible, de préférence vers les filières technologiques et nous insistons sur l’importance d’une bonne maitrise de la langue anglaise. Un travail important reste à faire en matière d’orientation pour ces jeunes.

Nous essayons de faire travailler ensemble tous les acteurs qui contribuent au programme @TalentEgal : l’Education Nationale, les centres de réadaptation, les associations, les entreprises.

Quels sont les nouveautés à venir?

Le groupe Safran, équipementier international, leader en aéronautique, spatial, défense et sécurité, vient de rejoindre @TalentEgal. Ce qui va permettre d’élargir les métiers accessibles aux étudiants participant à notre programme d’accompagnement.

Nous allons aussi pouvoir doubler la capacité d’accueil du programme @TalentEgal. On suit actuellement une vingtaine de jeunes par an.

Quels sont les premiers résultats de ce programme ?

Il est encore un peu tôt pour se prononcer. L’année dernière Alcatel-Lucent a recruté le premier jeune issu du programme @TalentEgal. Il est aujourd’hui dans une fonction Finances.

Je peux vous donner un autre exemple concret : un étudiant du centre de réadaptation de Mulhouse a décidé de reprendre ses études après une période d’arrêt suite à un souci de santé. Nous lui avons proposé un contrat d’apprentissage chez Alcatel-Lucent, dans le cadre d’une licence professionnelle. Aujourd’hui, il poursuit son cursus dans une filière de Master 2 à l’Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines, avec un 2ème contrat d’apprentissage. Ce garçon était censé sortir de son cursus scolaire à un niveau bac + 2, mais avec un peu de suivi personnalisé et d’accompagnement, il va obtenir un bac +5 de l’Education Nationale.

Pourquoi soutenez-vous la campagne Handivalides ?

Nous soutenons cette campagne depuis trois ans pour plusieurs raisons. D’abord sensibiliser les étudiants « valides » qui seront les futurs managers de nos entreprises. Il faut qu’ils prennent en compte la diversité et le notamment le handicap dans leur vie professionnelle future.

Ensuite, cela nous permet de rencontrer les équipes dirigeantes de ces établissements, pour les sensibiliser au handicap et leur exposer les problématiques des entreprises sur le sujet.

La première difficulté avec les jeunes en situation de handicap qui sont dans des grandes écoles type écoles d’ingénieurs ou de commerce, c’est qu’ils ne veulent pas parler de leur handicap lorsque celui-ci est invisible. Le chemin qu’ils ont dû parcourir pour accéder à ces écoles est tel qu’ils n’ont vraiment pas envie d’être marginalisés. Les campagnes Handivalides contribuent à faire changer les mentalités.

Et puis je m’intéresse de près aux actions de Tutorats Handivalides menées par Starting-Block. Pour ces actions menées entre la 3ème et la Terminale, j’interviens dans différentes classes tout au long de l’année pour encourager les élèves à continuer leurs études le plus loin possible, dans les filières technologiques de préférence, qui leur assurent des perspectives d’insertion professionnelle plus nombreuses et variées à l’issue de leur cursus.

Le mot de la fin ?

Chaque acteur a vraiment une part de responsabilité pour inclure tous les étudiants, quelle que soit sa spécificité. Les entreprises, les écoles, les universités, les administrations, etc. se doivent de refléter dans leurs équipes toutes les diversités de la Société .

Propos recueillis par Clément Roux, Starting-Block