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Paroles d'Experts

Les témoignages d’experts présentés dans cette rubrique ont été réalisé à l’occasion du 10ème anniversaire des Journées Handivalides.

Fabienne Rakitic, coordinatrice de la Mission Handicap de l’Université de Strasbourg

Fabienne Rakitic est coordinatrice de la Mission Handicap de l’Université de Strasbourg. Elle revient pour nous sur le rôle de cette composante au sein de son établissement.

Bonjour Fabienne, peux-tu nous présenter le rôle de la Mission Handicap dans l’université ?

Notre fonction est d’accompagner les étudiants en situation de handicap qui font une demande d’aménagement spécifique de leur parcours d’étude et/ou des examens. On les accompagne depuis leur arrivée à l’université, même parfois un peu avant, jusqu’à l’emploi. Nous travaillons aussi avec eux l’insertion professionnelle, les stages, etc.

La Mission Handicap est rattachée au Service de la Vie Universitaire (SVU). Elle est constituée de trois personnes : une chargée de Mission Handicap, qui est par ailleurs enseignante en STAPS, une chargée d’accueil, à temps plein sur ce poste, et moi-même.

La problématique handicap est complètement transverse. C’est aussi ce qui fait l’avantage et la richesse de notre fonction. Nous travaillons avec tous les services, toutes les composantes de l’université. Puisque le handicap est l’affaire de tous, le rôle de la Mission Handicap est d’être là en appui, dans les actions et dans la politique handicap mise en place par les différents services.

Justement, comment cette politique s’est-elle mise en place ?

Avant 2009, il y avait des chargés de Mission Handicap, c’est à dire des enseignants chercheurs qui avaient une délégation d’heures à consacrer à cette question là. Ils faisaient un peu avec les moyens du bord. Il n’y avait pas un vrai dispositif consacré à l’accueil et à l’accompagnement.

Mais quand les trois Universités de Strasbourg ont fusionné, en 2009, nous avons créé la Mission Handicap pour afficher cette volonté politique et rattraper notre éventuel retard par rapport à d’autres universités de taille comparable.

Comment a évolué le nombre d’étudiants handicapés sur les différents campus de l’université ?

En termes quantitatifs, nous avons progressé de 100%: il y avait 130 étudiants handicapés à l’Université de Strasbourg en 2009, ils sont aujourd’hui 300. Cette progression exponentielle se situe dans la moyenne nationale, puisque le nombre d’étudiants handicapés en France augmente de 20% par an.

Comment explique-t’on cette augmentation ?

Je vois deux raisons principales à cette progression :

D’abord, nous bénéficions d’une politique inclusive en milieu scolaire. Le nombre de bacheliers en situation de handicap progresse, ce qui augmente naturellement le nombre de candidats aux études supérieures.

L’autre raison, c’est que les étudiants connaissent de mieux en mieux le dispositif d’accueil. La Mission Handicap est connue et reconnue. Quand un lieu d’accueil est dédié, qu’un accompagnement y est possible, avec une vraie procédure, de vrais dispositifs, une réelle mise en œuvre, etc., cela attire un nombre croissant de personnes.

As-tu observé un changement de point de vue des étudiants sur la question du handicap ?

Oui, les mentalités évoluent d’une façon positive, en général dans la société et en particulier à l’université. On sent une attention de plus en plus forte de la part des étudiants sur le campus. Ils ont intégré le fait qu’il y a aussi des étudiants handicapés et que cette mixité est une bonne chose.

Nous le voyons notamment à travers le prisme des assistants d’études, qui sont des étudiants valides qui accompagnent les étudiants handicapés dans leur travail pendant et après les cours. Ils sont devenus de bons médiateurs pour passer des communications, pour parler de leur travail auprès d’autres étudiants…

Je le constate aussi lorsque je fais des interventions en amphithéâtre. Je suis toujours étonnée de voir les réactions spontanées de jeunes qui proposent de donner leurs cours ou un coup de main…

Pourquoi est-ce important selon vous de participer à la Campagne Handivalides ?

Nous sommes partenaires de la campagne Handivalides depuis 2010. Pour les gens qui n’ont pas de personnes handicapées dans leur entourage, le handicap reste très théorique. Les mises en situations concrètes de Starting-Block permettent de se mettre dans la peau d’une personne handicapée, l’espace d’un instant. Cela permet d’éprouver dans son corps la situation de handicap, en faisant un parcours à la canne, en apprenant la langue des signes et le braille, en faisant un parcours en fauteuil… Ces expériences, parfois déstabilisantes, sont vécues comme des déclencheurs par les étudiants qui démystifient le handicap par la suite.

Quels sont les projets de la Mission Handicap ?

On a toujours pleins de projets sur le feu !

En termes de sensibilisation, nous organisons l’exposition « Envisage Moi ». Il s’agit de portraits d’étudiants sous forme de photos et de vidéos. Le photographe a fait travailler dans ses ateliers des étudiants valides et handicapés, pour qu’ils produisent ensemble une œuvre artistique. Ce travail est actuellement exposé sur le campus et sera bientôt diffusé sur d’autres lieux. Notre but est de bousculer les représentations et de ne pas tomber dans les images classiques qui circulent sur le handicap.

Au niveau de l’emploi, nous travaillons sur le projet Univers Emploi, qui est une méthode d’accompagnement des étudiants handicapés vers l’emploi.

On travaille également sur la question du handicap auditif et des « dys » : dyslexie, dyspraxie, dysorthographie etc. et sur les usages du numérique au service du handicap.

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Retrouvez toutes les photos des journées Handivalides organisées à Strasbourg en 2013 dans la galerie de notre site.