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AccueilLa campagneActualitésParoles d'expertsDominique Delwaide, Directrice Opérationnelle de @TalentEgal

Paroles d'Experts

Les témoignages d’experts présentés dans cette rubrique ont été réalisé à l’occasion du 10ème anniversaire des Journées Handivalides.

Patrice Fondin, Délégué général d'Handisup Nantes

Témoignage réalisé à l’occasion du 10ème anniversaire des Journées Handivalides.

Patrice Fondin, Délégué général d'Handisup Nantes, témoigne de son parcours d'engagement sur la thématiques des études et du handicap.



Comment je me suis engagé :
Je suis Délégué Général de l'association Handisup à Nantes depuis 1995. Précédemment, j’étais délégué national d’une mutuelle étudiante où j'avais pour mission de mobiliser autour des conditions de vie étudiante, notamment sur la question de l'accueil des étudiants handicapés. L'implication dans ce milieu me permet de travailler pour plus de justice sociale au sens large en faisant en sorte que les étudiants handicapés ne soient pas désavantagés pour mener à bien leurs projets d'étude.


Ce que je fais aujourd’hui :
A Handisup, nous accompagnons en continu sur l'année environ 120 étudiants handicapés, avec des pics à 170 étudiants lors des rentrées universitaires. Il s’agit de mettre en place pour eux, en lien avec les établissements, qu'ils visent, des conditions d'études correctes. Certains établissements n'ont pas de tutelle donc pas de financement pour faire face au surcoût lié à l'accueil d’un étudiant handicapé.

Nous les aidons à en trouver pour éviter qu'une discrimination indirecte ne se mette en place. En amont, nous travaillons à plusieurs outils en partenariat avec le conseil académique : plan de communication ciblé sur les lycéens handicapés, parrainage de jeunes avec un handicap par des étudiants bénévoles, formation des enseignants référents aux dispositifs existants dans l’enseignement supérieur.

Selon moi, les défis actuels à relever :
Le travail d'accompagnement professionnel notamment. Il est fondamental pour les jeunes handicapés, mais il est tout aussi important pour l'ensemble des jeunes. C'est un enjeu majeur. Le financement A2EH de l’Agefiph dédié à ce service va être suspendu dans 6 mois. Nous avons eu une première expérience de retrait de financement Agefiph, en 2007, sur l'aide humaine. Ce sont surtout les étudiants sourds qui bénéficiaient de ce dispositif et le résultat, c’est qu’il n'y a pratiquement plus d'étudiant sourd dans l’enseignement supérieur aujourd’hui. Pour l’accompagnement à l’insertion professionnelle, on va renvoyer vers les établissements mais les bureaux des stages des universités ne disposent pas d’assez de moyens pour mettre en place des suivis personnalisés de parcours.


Cela est d’autant plus essentiel que, selon moi, le décrochage ne vient pas d'un manque d'ambition des jeunes. Il vient plutôt notamment d’une méconnaissance des débouchés professionnels et des effets filières constatés pour les jeunes handicapés en fonction de leur niveau d'étude et de leur type de handicap. On n’est pas dans de l’autocensure comme on peut le laisser penser, pas plus que pour les autres étudiants en tous cas, d’où l’importance capitale de travailler bien en amont à leur projet professionnel.


Propos recueillis par Emilie Ouchet,Starting-Block