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Former et sensibiliser l'ensemble de la communauté universitaire

Comment sensibiliser et former l'ensemble de la communauté universitaire pour une meilleure inclusion des étudiants handicapés? C'est avec cette interrogation que s'ouvrait la conférence de lancement de la campagne Handivalides 2013, le 29 janvier à l'université Pierre et Marie Curie (UPMC).

Diversité des profils des chargés de mission « handicap »

La première question soulevée a été celle de la formation des chargés d'accueil, chargés de mission et autres référents handicap. Ces postes de responsables de l'accueil des étudiants handicapés ont été créés sur les campus suite à la loi du 11 février 2005.

Auteur d'une enquête sur le sujet auprès de 9 universités en France, Zineb Rachedi-Nasri a d'abord rappelé que ces métiers sont extrêmement jeunes en France. Ils se caractérisent par une grande hétérogénéité de profils : certains sont eux-mêmes handicapés, d'autres ont suivi une formation spécialisée, d'autres encore ont appris le métier « sur le tas » car cette prérogative a été ajoutée à leurs fonctions...

La nécessité de former les personnels

Ancien président de la commission des questions sociales à la Conférence des Présidents d'Université (CPU), Camille Galap s'est attaché précisément à développer au sein de l'ESEN, dont il était à cette époque le directeur adjoint, l'offre de formations sur les questions de handicap à destination des personnels de l'enseignement supérieur. « Sur 28 formations proposées en 2013, il y en a 2 sur le handicap... Ce n'est pas énorme, mais c'est déjà pas mal» a-t-il indiqué.

Tout en mettant en avant le travail de communication fait par l'ESEN auprès des services des établissements d'enseignement supérieur, Camille Galap a tenu à souligner combien la formation des personnels sur le handicap était avant tout tributaire d'une volonté politique forte au sein des établissements.

S'appuyer sur des réseaux

Fabienne Corre-Menguy, ancienne responsable du Relais Handicap de l'UPMC a souhaité rappeler que l'accompagnement des étudiants handicapés ne devait plus être aujourd'hui le fait d'un seul service, mais bien d'une équipe plurielle. C'est donc cette pluralité d'acteurs qui doit être formée au handicap avec des expertises et des perspectives diverses. Ainsi la sensibilisation et formation d'un réseau de « correspondants handicap » au sein de l'UPMC est l'un des piliers de la politique handicap de cette université. C'est grâce à ce travail en réseau que la mission handicap peut être réactive.

Une grande hétérogénéité selon les écoles

Encore faut-il que cette mission handicap existe et soit identifiée. Le tableau dressé par Olivier Pontreau, président de la commission handicap de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE), a illustré l'hétérogénéité des situations dans l'enseignement supérieur.

M. Pontreau a ainsi révélé que « pour 225 grandes écoles, il y a 120 référents handicap. Ce qui veut dire qu'environ la moitié des écoles n'ont pas de référent handicap connu. Sur ces 120 personnes, 75 à 80 référents sont connus par le standardiste. Parmi eux au moins une vingtaine n'est pas du tout sensibilisée et formée sur le sujet. Au bout du compte, il reste environ 50 référents handicap opérationnels dans les grandes écoles françaises ».

La place des étudiants

Autres acteurs très importants de l'inclusion des étudiants handicapés : les étudiants eux-mêmes. Thibaud Bry, étudiant à l'Ecole de Management de Strasbourg a souhaité rappeler que : « le premier acteur de l'équipe pluridisciplinaire, ça doit être l'étudiant lui-même ». Quant à Tomas Graff, ancien chargé de mission de la campagne Handivalides, il a insisté sur l'importance de la sensibilisation et de la formation des étudiants en matière de handicap.

C'est justement le sens des deux axes forts de la campagne Handivalides : réfléchir sur la place de la thématique du handicap au sein des parcours de formation des étudiants (projet compétence Handicap) et sensibiliser les associations étudiantes pour qu'elles deviennent plus inclusives dans leurs activités (projet Kit'inclus).

Trouver les bonnes synergies...

On retiendra également de cette conférence d'ouverture que les initiatives efficaces en matière de sensibilisation et de formation au handicap sont celles qui arrivent à trouver les bonnes synergies.

Ces synergies peuvent être locales. C'est par exemple le cas du partenariat entre l'association Handisup et l'université de Nantes qui mettent en place tous les ans une formation de 3 jours sur le handicap pour les personnels d'universités.

Ces initiatives peuvent également être nationales. La campagne Handivalides est portée sur tout le territoire par son réseau de partenaires : établissements d'enseignement supérieur, associations étudiantes et entreprises. Starting-Block mise sur la mutualisation des pratiques entre acteurs pour la réussite de ce projet.

L'alliance de cultures différentes

Enfin, Ireneusz Bialek, de l'Université de Cracovie, a pu témoigner de l'intérêt d'ouvrir nos frontières pour penser à l'échelle européenne, comme c'est le cas pour le projet Léonardo da Vinci « transfert d'innovation » qui incite les universités à se préoccuper du devenir des étudiants en situation de handicap et à assurer leur transition vers l'emploi.

Gerard Lefranc, responsable de la mission handicap du groupe Thales, a par la suite présenté le module de formation E-Learning pour l'insertion des étudiants handicapés sur lequel il a travaillé avec les universités de Cracovie et Paris 6 (UPMC).

Ce projet illustre bien qu'une culture handicap se construit dans la rencontre et la coopération: « c'est lorsque vous mettez des gens différents ensemble que vous obtenez de l'innovation » a-t-il conclu.

Découvrez les vidéos de cette journée en cliquant ici.