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AccueilL'ECS en action(s), l'actu de l'Education à la Citoyenneté et à la Solidarité, Mai 2014

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L'ECS en Action

L'ECS en action(s), l'actu de l'Education à la Citoyenneté et à la Solidarité
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26 mars 2019

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Edito de Khalid Mouala, délégué général

Photo de Khalid Mouala, délégué généralComme à chaque début d’année scolaire, Starting-Block a l’ambition de faire découvrir, tout au long de l’année, à des milliers de jeunes du collège à l’université, l’éducation à la citoyenneté et à la solidarité. Plus que jamais pépinière d'initiatives grâce à la dynamique réseau, nous avons l’ambition de faciliter la capitalisation, la mutualisation et la promotion de projets citoyens et solidaires menés par des jeunes.

Les formations sur nos pratiques ont la part belle dans ce projet, que ce soit auprès des tuteurs Handivalides, des associations du réseau et de tous les étudiants et jeunes professionnels qui participent à nos actions. Le pari pris en 2012 d’orienter nos actions autour d’un pôle ressources continue à porter ses fruits ; de plus en plus d’associations de notre réseau s’emparent de l’organisation de formations dans toute la France, permettant à Starting-Block de jouer pleinement son rôle de formateurs de formateurs sur des enjeux de citoyenneté et de solidarité.

Vous l’aurez compris, pour Starting-Block, outiller un large réseau d’associations, construit autour d’échanges de pratiques, avec la conviction qu’une société juste, solidaire et inclusive est possible, est primordial.

La création d’outils pédagogiques est une des pierres angulaires de cette action, à l’image de la résidence éducative co-organisée par Starting-Block lors du Fest'Afrik 2013 dans les Landes. C’est une expérience unique de création où une quinzaine d’animateurs ont conçu, en collaboration et pendant une semaine, neuf animations autour de la transition énergétique.

Parallèlement, Starting-Block affirme son rôle de représentation dans des instances nationales, avec notre entrée au bureau d’Educasol notamment. Nous sommes très heureux d’avoir l’opportunité de porter plus haut la voix de notre réseau d’associations étudiantes au sein de cette plateforme.

L’euphorie des projets, l’envie d’actions sont patentes à Starting-Block, comme à chaque début d’année scolaire. Malheureusement comme beaucoup de structures en cette période de crise, Starting-Block est en proie à un contexte financier très difficile, avec la perte d'une part importante de nos subventions en 2012, qui pourrait jusqu’à remettre en cause la poursuite de nos activités.

Pour continuer à faire vivre l’éducation à la citoyenneté et à la solidarité, nous sommes déterminés à surmonter ces difficultés : diversification des financements, valorisation de nos compétences auprès de nouveaux partenaires, organisation d'événements solidaires.

Vous qui êtes partenaires, membres, bénévoles ou sympathisants de Starting-Block, nous sommes persuadés que nous pourrons compter sur vous : messages de soutien, implication dans nos actions, adhésion à l’association…les possibilités sont nombreuses.

Nous espérons le soutien de tous ceux qui croient dans la pertinence de notre projet et lancerons également très prochainement une campagne d'appel aux dons.

Bonne Rentrée Solidaire,

Khalid Mouala

Délégué Général de Starting-Block


Formation de référents handicap à l'université Paris Descartes

Photo sensibilisation Université Paris DescartesDominique Martin est maître de conférences à l’UFR* de pharmacie et chargée de mission handicap de l’université Paris Descartes. Nous l’avons interrogée sur le rôle des correspondants handicap de l’université, à destination desquels Starting-Block a animé deux journées de formation.

Pouvez-vous nous dire comment s’organise la politique handicap de l’université Paris Descartes ?

Dès 1992, l’Université Paris Descartes (alors dénommée René Descartes-Paris 5) a organisé l’accueil des étudiants handicapés en créant une structure où les débats et les actions se confrontent et se coordonnent : la Mission Handicap, travaillant en liaison avec des correspondants présents dans chacune des composantes de l’Université.

Depuis la loi de 2005 sur l’égalité des chances, la Mission Handicap de l’université Paris Descartes compte une personne à temps plein et une personne à tiers temps, un chargé de mission et des correspondants handicap. L’université Paris Descartes se compose de 10 UFR, localisées sur 9 lieux géographiques différents, Paris intramuros et banlieue. Le relai par des correspondants handicap dans les différentes composantes est indispensable.

Qui sont les correspondants handicap et quel est leur rôle à Paris Descartes ?

Les correspondants handicap étaient à l’origine des personnels des services scolarité. C’est important car ce sont eux qui mettent en place les aménagements pour les examens, le temps majoré, les réservations de salles à faible effectif, etc. En revanche, en ce qui concerne l’aspect pédagogique et le lien au jour le jour avec les collègues, en cas d’hospitalisation des étudiants par exemple, il est indispensable d’avoir aussi des correspondants enseignants. Outre la rapidité de contact entre collègues, les correspondants enseignants peuvent les sensibiliser aux handicaps des étudiants et veiller à la mise en place des aides pédagogiques appropriées.

Ainsi cette année, chaque UFR compte un binôme de correspondants handicap, constitué d’une personne du service de la scolarité et d’un enseignant.

Le rôle des correspondants est avant tout de mettre en place les aides pour permettre aux étudiants de mener au mieux leur cursus, et de les accompagner aussi dans leurs réflexions sur leur orientation, même s’il y a un service universitaire dédié à cette question précise. Mais ce qui est le plus difficile, c’est d’identifier les étudiants qui auraient besoin d’un accompagnement. Ce travail de « repérage » est essentiel. En effet, la communication par voie d’affichage, écrans, intranet ou lors des réunions de rentrée pour inciter les étudiants à nous contacter n’est pas suffisante car beaucoup d’étudiants ne font pas la démarche. Cette année, nous avons pu mettre en place des aménagements pour des étudiants dont les difficultés ont été repérées par les enseignants.

Ce que j’aimerais, c’est qu’un correspondant étudiant puisse être désigné dans chaque UFR, et idéalement même un par année pour assurer aussi à ce niveau ces repérages et sensibilisation aux aides dont un étudiant en situation de handicap peut bénéficier. L’une des composantes a d’ailleurs cette année travaillé avec un correspondant étudiant.

En 2011 et 2013, deux journées de formation des correspondants handicap de l’université ont été organisées avec Starting-Block. Quel est l’enjeu de ces formations ?

Mettre en place des temps de formation pour les correspondants handicap est très important car, pour certains d’entre eux, il s’agit d’une charge supplémentaire de travail assez mal vécue. Certains n’ont pas d’empathie particulière pour ce sujet et on peut constater alors un déficit d’écoute des étudiants. Les retours sur ces deux journées sont très positifs. Elles ont permis une meilleure connaissance et compréhension du handicap et des handicaps représentés à l’Université. En dehors de ces journées, les correspondants ne bénéficient pas de formation de la part de l’université. Deux réunions annuelles sont organisées l’une en début d’année et la seconde en fin d’année. Ces deux temps d’échange en présentiel nous permettent de faire le bilan de nos actions, de nos difficultés, de nos expériences… Donc, le principal objectif de ces journées est de sensibiliser les correspondants à l’importance de leur mission.

Comment se déroulent ces journées ?

La journée comporte des temps de mise en situation comme le parcours en fauteuil ou le parcours à la canne, des jeux de rôle, des temps de témoignage et des temps de discussion collective. Le repas à l’aveugle du midi est toujours impressionnant, certains participants en ressortent bouleversés. Les ateliers de mise en situation sont très appréciés car ils permettent de mettre en évidence les obstacles et les limites qu’un étudiant en situation de handicap rencontre au quotidien. Nous avons été un peu perturbés au départ lorsqu’on nous a demandé de nous positionner dans l’espace en fonction de notre lieu d’habitation… mais bien que nous n’ayant pas l’habitude de ce genre d’exercice, cela a permis d’entamer la journée sur une note conviviale. La journée 2013 a été aussi l’occasion de recevoir le témoignage d’une étudiante en fauteuil, inscrite au DU Handidactique à l’université Paris Descartes, qui a fait ressortir les difficultés qu’elle a rencontrées lors de son cursus, ses problèmes de déplacement… Enfin l’intervention d’une chercheuse en didactique à l’Université (Mme Justin) a aussi apporté un éclairage intéressant.

La bonne ambiance dans laquelle se déroulent ces journées et le bon contact que Starting-Block parvient à instaurer avec les participants sont aussi appréciés.

La force de ces journées est qu’elles atteignent leur but : apporter aux correspondants un regard différent sur le handicap, tout en se faisant passer pour un temps de découverte. De plus, cela permet de rapprocher les correspondants, de créer des liens qu’ils pourront ensuite utiliser lors qu’ils seront confrontés à des problèmes dans le cadre de leur mission.

Quel regard portez-vous sur ce partenariat avec Starting-Block ?

J’ai eu de très bons retours des participants sur cette journée, même de la part de ceux qui, au départ, n’étaient pas enthousiastes à y participer. La plupart n’était pas encore correspondant lors de la première journée de formation il y a deux ans, mais même parmi ceux qui avaient déjà fait cette formation, les retours ont été très positifs. A chaque fois la journée paraît trop courte.

Les personnes de la mission handicap ont tenu à signaler le grand professionnalisme de Starting-Block dans la préparation des journées. Nous souhaitons vraiment que ce partenariat perdure !

Ce que je voudrais, c’est pouvoir passer à un rythme d’une journée par an, afin d’ approfondir les notions et dépasser le niveau, bien entendu indispensable, de la sensibilisation.

Quelles évolutions envisageriez-vous pour les prochaines formations ?

Lors des deux journées ont été évoqués les handicaps visibles, comme les handicaps moteurs ou sensoriels. L’année prochaine, nous aimerions aborder davantage des handicaps invisibles.

Propos recueillis par Jean-Marc, Starting-Block

UFR : unité de formation et de recherche.


Travailler dans la vie associative : du volontariat à l'emploi

Photo de MariaTémoignage de Maria Bettin, ancienne volontaire « Animation de la vie associative » à Starting-Block

"Après mes études Action humanitaire à l’Université Paris-Est Créteil, j’ai fait un stage à Sidaction où j’accompagnais les bénévoles en charge des événements de prévention et de sensibilisation. J’ai ensuite cherché un emploi et j’ai vu passer l’offre de volontariat pour Starting-Block. Je connaissais déjà l’association grâce à la Campagne Handivalides. J’étais assez motivée par l’idée de renouveler l’expérience de travailler avec des bénévoles. J’ai beaucoup d’estime pour ces personnes qui ont un rôle fondamental dans une association. Je me suis dit « après tout, pourquoi pas le service civique ». C’était l’année de mes 26 ans, le moment ou jamais pour être volontaire !

C’est la première fois que Starting-Block avait une mission de service civique sur le bénévolat, j’ai donc pu apporter ma touche personnelle et j’avais de la latitude dans mes missions. L’équipe m’a fait confiance et m’a intégrée tout de suite. C’est en plus un poste transversal, j’ai pu travailler avec tous les salariés et avoir très vite une vision très complète de l’association.

Pendant ce volontariat, j’avais conscience de tracer mon chemin parce que ce sont les choix pris juste après les études qui déterminent réellement l’avenir professionnel. Cela peut faire peur d’ailleurs parce qu’on n’a pas envie de se tromper justement. Avec ce volontariat, je n’ai plus eu de doute sur le fait que la vie associative me correspond parfaitement. La personnalité joue énormément sur ce type de poste. Il faut être dynamique, ouvert, ce n’est pas toujours facile parce que tu as des requêtes de toutes parts. Les bénévoles ont notamment toujours beaucoup d’idées, donc il faut être à l’écoute mais aussi réaliste et savoir trouver des alternatives.

A la fin de mon volontariat, j’ai fait le pari de ne chercher que des offres liées à la vie associative, même s’il n’y en a que peu. J’ai fini par trouver, assez vite d’ailleurs, un poste au sein de l’association Autremonde. Je suis ravie ! Mon volontariat à Starting-Block a été un atout majeur : pouvoir valoriser un an d’expérience dans une structure similaire, lors d’un entretien, ça fait la différence. En plus, le volontariat m’a vraiment mise en confiance…

Les défis sur mon nouveau poste, c’est de maintenir un nombre de bénévoles suffisants car ils ont une place centrale dans le projet. Ce sont les 280 bénévoles que nous accueillons sur l’année qui portent les actions sur le terrain : maraudes, activités culturelles, ateliers de français à des migrants… Il y a aussi un axe fort de formation et d’animation de la vie associative. C’est important pour que chaque personne se sente vraiment partie prenante de la structure et pour favoriser les rencontres. Au vu de mon expérience à Starting-Block, je suis plutôt confiante sur ces points !"

Propos recueillis par Emilie Ouchet, Starting-Block

Starting-Block propose actuellement plusieurs postes en Service Civique, n'hésitez pas!


"l'engagement au Chili est plus créatif"

Interview camilleCamille est membre de l’association du réseau SENS «AraDoc, collectif documentaire», qui se propose d’utiliser les outils vidéo et audio pour lancer des débats.

Nous l’avons interrogée depuis le Chili, où l’association réalise pendant trois mois un film documentaire sur l'engagement des jeunes d'hier et d'aujourd'hui, de la dictature au 40 ans du coup d'état.

Bonjour Camille, peux-tu nous raconter la création de votre association ?

Bonjour ! En fait avec les quatre autres filles qui composent Aradoc, nous nous sommes rencontrées à Mendoza en Argentine en 2009. En ce qui me concerne, j’étais étudiante en sciences politiques. Nous avons découvert l’histoire des dictatures latinoaméricaines, et ça nous a beaucoup interpellées parce qu’on n’apprend pas du tout ça à l’école en France. Un prof Chilien nous a fait écouter des entretiens de résistants contre la dictature de Pinochet, mais il n’avait pas de vidéos. Une des filles du groupe, Maud, était en école de films documentaires, et l’idée a germé de faire un film qui donne la parole à des militants chiliens sur les raisons de leur engagement. Voila pourquoi nous avons créé Aradoc.

Comment avez-vous préparé votre voyage ?

Le cœur du projet c’est un film de 25 minutes, avec des parties en film d’animation, et au retour nous mettrons en place des ateliers dans des lycées et dans des centres sociaux.

Notre association est basée à Lille, et nous avons obtenu des financements de la fac, de la mairie, de la région, de la fondation Un monde pour tous (créée par Stéphane Hessel), et aussi de la région Bretagne car deux membres de l’asso vivent en Bretagne. Des fondations du Chili et d’Argentine nous ont aussi contactées. En tout nous avons récolté 15 000 €, ce qui nous paie le logement, la nourriture, le matériel, la post-production du documentaire et les ateliers dans les lycées et centres sociaux. Nous avons payé les billets d’avion de notre poche.

Comment se passe votre séjour depuis votre arrivée ?

Nous avons passé pas mal de temps à Santiago, à Valparaiso, et aussi à Concepcion, une ville au sud de Santiago où les luttes ont toujours été très importantes, de même que la répression. En ce moment il y a une effervescence autour des 40 ans du coup d’état contre Salvador Allende, le 11 septembre 1973. Il y a beaucoup de manifestations, sévèrement réprimées, mais aussi des concerts, des débats, des performances artistiques et des actions coup de poing pour interpeller les passants.

manifestationPourquoi les manifestations de commémoration sont-elles réprimées ?

Officiellement, la démocratie est revenue depuis 1990, mais, c’est ce que nous avons découvert en arrivant ici, en réalité peu de choses ont changé pour les gens. La constitution est toujours la même que sous la dictature, les pouvoirs économiques, judiciaires, policiers, sont dans les mêmes mains. La répression est beaucoup plus sévère qu’en Europe, il y a de nombreuses personnes arrêtées à chaque manifestation, et des assassinats politiques, humiliations et tortures dénoncés chaque année.

Ce qui nous a le plus intéressées, c’est que la façon de s’engager des jeunes Chiliens est beaucoup plus créative qu’en France. Dans les manifs, il y a des batucadas, des mimes, des échassiers, du théâtre… Nous avons eu la chance de participer à un atelier de sérigraphie engagée où 120 personnes ont créé leurs affiches et les ont collées le 8 septembre en plein milieu de la manifestation pour les 40 ans du coup d'état. Les affiches ont beaucoup interpellé et ont été relayées dans la presse chilienne. C'était très impressionnant de voir une centaine de personnes habillées de rouge avec balais, caddies et pots de colle se frayer un chemin dans la manifestation pour coller leurs affiches… Nous nous sommes reconnues dans tous ces jeunes engagés hors de partis. Le film devait au départ suivre quatre anciens militants et un jeune, mais finalement il parlera autant de la mémoire des luttes sous la dictature que de l’actualité du mouvement social.

Peux-tu nous en dire plus sur les ateliers que vous mettrez en place à votre retour ?

En lycées, nous montrerons notre film suivi d’un tour des ressentis où nous noterons les réponses des lycéens. Lors de la seconde séance, en présence d’un partenaire chilien, nous ferons un débat mouvant à partir d’un cas de fiction, par exemple : « Si le gouvernement français décidait de passer les frais d’université à 10 000€, que feriez-vous ? ».

Dans les centres d’animation, nous proposerons aux enfants de réaliser des films en stop-motion*, nous ferons de la sérigraphie avec les ados et de la cuisine chilienne avec les adultes. Tout cela servira à préparer une soirée où nous inviterons des artistes chiliens.

Aradoc a récemment rejoint le réseau SENS, qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Nous étions deux de l’association à participer au 20e WEF en avril dernier. Plein de choses m’ont touchée et intéressée, mais je pense que ce qui m’a le plus marquée c’est le sens du détail et la qualité de l’accueil. Ça m’a fait comprendre l’importance de bien recevoir les gens quand on propose une animation, de faire les choses avec soin et anticipation. Nous avons aussi récupéré quelques idées pour notre projet, comme d’organiser un débat mouvant.

Vis-à-vis des autres associations du réseau, je ne sais pas si on montera des actions ensemble, mais en tout cas j’ai senti une même envie de faire des choses de façon innovante…

Propos recueillis par Jean-Marc, Starting-Block

*Un film d’animation composé d’une série de photos.


Les enjeux du numérique éducatif

Le dessin animé Vinz et Lou sur Internet, par la société TralalèreLa journée organisée par Educasol* sur les liens entre numérique éducatif et EADSI (Education au développement et à la Solidarité Internationale) a donné du grain à moudre à Jean-Marc, chargé de communication de Starting-Block. L'occasion de réfléchir sur les potentialités de l'Education à la Citoyenneté et à la Solidarité (ECS)...

L'Education Nationale se pose aujourd'hui la question de l'usage des outils numériques à l'école. Elle fait bien, car la jeune génération n'a pas attendu pour s'en emparer. Les structures de l'EADSI ne veulent pas, elles non plus, rater le coche. A ce titre, l'organisation par Educasol d'une journée d'échanges et de réflexion sur les outils numériques est particulièrement bienvenue.

Tout au long de la journée, la question du sens politique des outils numériques a animé les débats. Dès le matin, par exemple, avec le chercheur Divina Meigs (lien vers son blog) ou via Ritimo et sa plate-forme e-change, autour de la question du logiciel libre, et jusqu'au soir avec une discussion sur le caractère moraliste de certains serious games**.

Il est évident que l'irruption du numérique bouleverse profondément les relations éducatives, tout comme elle bouleverse les sociétés. Dans ce remue-ménage qui fait perdre pas mal de repères, peut-être l'Education à la Citoyenneté et à la Solidarité (ECS), telle qu'elle est pensée et pratiquée par Starting-Block et par le réseau SENS, a-t-elle un point de vue pertinent à faire valoir...

Le numérique, en raccourcissant la distance entre l'individu et le savoir, et en donnant à chacun les moyens de s'exprimer à grande échelle, diminue l'autorité des professeurs et des tribuns. Ils perdent de leur monopole de la transmission des savoirs et des opinions.

Loin de voir dans ce phénomène une menace pour l'éducation ou pour la société, en ECS, nous avons la conviction que les espaces d'expression horizontale, où chacun peut donner son point de vue sur un sujet à partir de ses connaissances propres, et le confronter aux autres, ont l'avantage de mettre les participants en position d'acteurs citoyens, responsables de leurs actes. Les jeunes ne sont plus de simples réceptacles qu'il faudrait remplir de connaissances, mais porteurs d'une pièce de savoir qu'il convient de partager pour en faire profiter le groupe. C'est le sens que nous voulons donner à l'ECS : une éducation où tout le monde est à la fois éduqué et éducateur, même si certains jouent en plus le rôle de facilitateurs ou d'animateurs.

Le jeu comme déclencheur de l'expression démocratique

En grignotant le déséquilibre d'accès au savoir entre profs et élèves, le numérique peut favoriser la libre expression. Mais il comporte aussi un autre potentiel pour activer la participation des jeunes : le jeu.

Depuis ses débuts, Starting-Block a choisi, à travers l'Education à la Citoyenneté et à la Solidarité, d'utiliser la mise en situation et les jeux de rôles comme déclencheurs de questionnements. Les publics jeunes sont d'emblée dans une posture d'intérêt lorsqu'on leur propose des formes ludiques, mais, pour nous, il ne s'agit pas que d'éveiller leur curiosité ; le choix de méthodes d'éducation active a aussi un sens politique, en mettant l'accent sur les capacités d'action et de créativité des participants plutôt que sur leur seule capacité de compréhension ou de reformulation. Le jeu stimule à la fois la logique et l'imaginaire, les connaissances et les capacités d'interaction avec autrui.

Toutefois, il importe de préciser que toutes les formes de jeux ne contribuent pas également à l'émergence de cette posture d'éducative active. Lorsque le jeu est l'habillage d'une simple évaluation des connaissances ou des performances, il ne contribue pas au questionnement mais au contraire peut accentuer des situations d'échec et d'exclusion. Par ailleurs, le jeu vidéo, par sa capacité à rendre réaliste un monde virtuel, peut aussi contribuer à transmettre des conceptions fausses, avec davantage d'efficacité qu'un jeu de plateau ou qu'un jeu de rôle aux imaginaires plus abstraits.

Ces réserves étant posées, on peut néanmoins tracer une connexion entre numérique, jeu et éducation active, autour de la notion générale d'autonomisation, ou d'empowerment. Les outils numériques sont à la disposition des éducateurs, il leur appartient de s'en saisir ou non. Les industries du divertissement et des télécommunications, elles, ont déjà fait leur choix, et il n'est pas sûr que la société ait tant à gagner à laisser nos enfants seuls avec elles...

Jean-Marc, Starting-Block

*Educasol est la plateforme française des acteurs de l'Education Au Développement et à la Solidarité Internationale. Starting-Block est membre de son bureau.

**Serious game : un jeu vidéo "sérieux", c'est à dire à visée éducative.

Télécharger la synthèse de la journée EAD et numérique

Télécharger les actes de la journée EAD et numérique


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