Navigateur incompatible avec le site Starting Block
Conteneur global
Fil d'ariane
AccueilActualitésRetour sur« Un espace d’échanges pour construire ensemble »

Formation de référents handicap à l'université Paris Descartes

Photo sensibilisation Université Paris DescartesDominique Martin est maître de conférences à l’UFR* de pharmacie et chargée de mission handicap de l’université Paris Descartes. Nous l’avons interrogée sur le rôle des correspondants handicap de l’université, à destination desquels Starting-Block a animé deux journées de formation.

Pouvez-vous nous dire comment s’organise la politique handicap de l’université Paris Descartes ?

Dès 1992, l’Université Paris Descartes (alors dénommée René Descartes-Paris 5) a organisé l’accueil des étudiants handicapés en créant une structure où les débats et les actions se confrontent et se coordonnent : la Mission Handicap, travaillant en liaison avec des correspondants présents dans chacune des composantes de l’Université.

Depuis la loi de 2005 sur l’égalité des chances, la Mission Handicap de l’université Paris Descartes compte une personne à temps plein et une personne à tiers temps, un chargé de mission et des correspondants handicap. L’université Paris Descartes se compose de 10 UFR, localisées sur 9 lieux géographiques différents, Paris intramuros et banlieue. Le relai par des correspondants handicap dans les différentes composantes est indispensable.

Qui sont les correspondants handicap et quel est leur rôle à Paris Descartes ?

Les correspondants handicap étaient à l’origine des personnels des services scolarité. C’est important car ce sont eux qui mettent en place les aménagements pour les examens, le temps majoré, les réservations de salles à faible effectif, etc. En revanche, en ce qui concerne l’aspect pédagogique et le lien au jour le jour avec les collègues, en cas d’hospitalisation des étudiants par exemple, il est indispensable d’avoir aussi des correspondants enseignants. Outre la rapidité de contact entre collègues, les correspondants enseignants peuvent les sensibiliser aux handicaps des étudiants et veiller à la mise en place des aides pédagogiques appropriées.

Ainsi cette année, chaque UFR compte un binôme de correspondants handicap, constitué d’une personne du service de la scolarité et d’un enseignant.

Le rôle des correspondants est avant tout de mettre en place les aides pour permettre aux étudiants de mener au mieux leur cursus, et de les accompagner aussi dans leurs réflexions sur leur orientation, même s’il y a un service universitaire dédié à cette question précise. Mais ce qui est le plus difficile, c’est d’identifier les étudiants qui auraient besoin d’un accompagnement. Ce travail de « repérage » est essentiel. En effet, la communication par voie d’affichage, écrans, intranet ou lors des réunions de rentrée pour inciter les étudiants à nous contacter n’est pas suffisante car beaucoup d’étudiants ne font pas la démarche. Cette année, nous avons pu mettre en place des aménagements pour des étudiants dont les difficultés ont été repérées par les enseignants.

Ce que j’aimerais, c’est qu’un correspondant étudiant puisse être désigné dans chaque UFR, et idéalement même un par année pour assurer aussi à ce niveau ces repérages et sensibilisation aux aides dont un étudiant en situation de handicap peut bénéficier. L’une des composantes a d’ailleurs cette année travaillé avec un correspondant étudiant.

En 2011 et 2013, deux journées de formation des correspondants handicap de l’université ont été organisées avec Starting-Block. Quel est l’enjeu de ces formations ?

Mettre en place des temps de formation pour les correspondants handicap est très important car, pour certains d’entre eux, il s’agit d’une charge supplémentaire de travail assez mal vécue. Certains n’ont pas d’empathie particulière pour ce sujet et on peut constater alors un déficit d’écoute des étudiants. Les retours sur ces deux journées sont très positifs. Elles ont permis une meilleure connaissance et compréhension du handicap et des handicaps représentés à l’Université. En dehors de ces journées, les correspondants ne bénéficient pas de formation de la part de l’université. Deux réunions annuelles sont organisées l’une en début d’année et la seconde en fin d’année. Ces deux temps d’échange en présentiel nous permettent de faire le bilan de nos actions, de nos difficultés, de nos expériences… Donc, le principal objectif de ces journées est de sensibiliser les correspondants à l’importance de leur mission.

Comment se déroulent ces journées ?

La journée comporte des temps de mise en situation comme le parcours en fauteuil ou le parcours à la canne, des jeux de rôle, des temps de témoignage et des temps de discussion collective. Le repas à l’aveugle du midi est toujours impressionnant, certains participants en ressortent bouleversés. Les ateliers de mise en situation sont très appréciés car ils permettent de mettre en évidence les obstacles et les limites qu’un étudiant en situation de handicap rencontre au quotidien. Nous avons été un peu perturbés au départ lorsqu’on nous a demandé de nous positionner dans l’espace en fonction de notre lieu d’habitation… mais bien que nous n’ayant pas l’habitude de ce genre d’exercice, cela a permis d’entamer la journée sur une note conviviale. La journée 2013 a été aussi l’occasion de recevoir le témoignage d’une étudiante en fauteuil, inscrite au DU Handidactique à l’université Paris Descartes, qui a fait ressortir les difficultés qu’elle a rencontrées lors de son cursus, ses problèmes de déplacement… Enfin l’intervention d’une chercheuse en didactique à l’Université (Mme Justin) a aussi apporté un éclairage intéressant.

La bonne ambiance dans laquelle se déroulent ces journées et le bon contact que Starting-Block parvient à instaurer avec les participants sont aussi appréciés.

La force de ces journées est qu’elles atteignent leur but : apporter aux correspondants un regard différent sur le handicap, tout en se faisant passer pour un temps de découverte. De plus, cela permet de rapprocher les correspondants, de créer des liens qu’ils pourront ensuite utiliser lors qu’ils seront confrontés à des problèmes dans le cadre de leur mission.

Quel regard portez-vous sur ce partenariat avec Starting-Block ?

J’ai eu de très bons retours des participants sur cette journée, même de la part de ceux qui, au départ, n’étaient pas enthousiastes à y participer. La plupart n’était pas encore correspondant lors de la première journée de formation il y a deux ans, mais même parmi ceux qui avaient déjà fait cette formation, les retours ont été très positifs. A chaque fois la journée paraît trop courte.

Les personnes de la mission handicap ont tenu à signaler le grand professionnalisme de Starting-Block dans la préparation des journées. Nous souhaitons vraiment que ce partenariat perdure !

Ce que je voudrais, c’est pouvoir passer à un rythme d’une journée par an, afin d’ approfondir les notions et dépasser le niveau, bien entendu indispensable, de la sensibilisation.

Quelles évolutions envisageriez-vous pour les prochaines formations ?

Lors des deux journées ont été évoqués les handicaps visibles, comme les handicaps moteurs ou sensoriels. L’année prochaine, nous aimerions aborder davantage des handicaps invisibles.

Propos recueillis par Jean-Marc, Starting-Block

UFR : unité de formation et de recherche.