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Tranche de WEF : De l'éducation populaire...

L'atelier educ pop du 20e wefA l'occasion du 20ème Week-end d'Echange et de Formations (WEF) de Starting-Block, Altermondes, partenaire de l'événement, a voulu interroger Nicolas Fasseur, consultant en ingénierie de formation et intervenant sur le parcours Education populaire du WEF... Les prenant un peu à contrepied, il a tenu à réaliser l'interview avec Stella Oudin et Léa Laval, chercheuses en sciences de l'éducation pour remettre en cause la mise en avant de la parole unique de l'expert. Entretien à trois voix, donc, sur l'éducation populaire !

Altermondes : Quelle est votre définition de l'éducation populaire ?

Nicolas Fasseur : Chacun doit faire sa définition de l'éducation populaire, il n'y a pas de définition dogmatique. Pour moi, c'est le travail de la culture. Il faut savoir qu'en grec « culture » signifie « rouage ». On fait tourner la parole et c'est ainsi que l'on construit quelque chose. Le travail de culture a une visée de transformation sociale, économique et politique. Les pratiques d'éducation populaire sont-elles limitées à certaines structures ?

Léa Laval : L'éducation populaire ne se déroule pas forcément là où elle est nommée. Il ne faut pas croire qu'elle est réservée aux pauvres et aux enfants ! Ou alors c'est sur la définition de populaire qu'il faut se mettre d'accord. Elle peut se passer dans des syndicats, des coopératives, entre agriculteurs décidant de mener un projet collectif. Elle est souvent là où s'y attend le moins et c'est souvent là qu'elle est la plus critique. Nous nous sommes tous les trois rencontrés dans un cadre universitaire, celui de l'université populaire de Paris VIII. Cependant, nous en sommes venus à pratiquer l'éducation populaire par des chemins très différents. Certains par le biais de collectifs, d'autres dans un syndicat. Moi par exemple, c'est par le biais d'un chantier de jeunes bénévoles que j'y suis venue.

Stella Oudin : Toutes les entrées sont intéressantes car c'est là que se joue un travail collectif de nos cultures : qu'est-ce qu'on a appris ? Et comment travaille-t-on pour construire quelque chose ensemble.

Y a-t-il des initiatives d'éducation populaire dans l'éducation nationale ou en milieu universitaire ?

N.V. et S.O : Nous pouvons vous parler de l'expérience que nous avons menée avec l'université populaire de Paris VIII. Le prérequis était de ne pas avoir de diplôme universitaire. Une rencontre hebdomadaire était organisée chaque samedi pendant laquelle on a introduit des méthodes mixtes entre méthodes d'initiation à la recherche de troisième cycle et méthodes actives d'éducation populaire. Il s'agissait notamment d'ateliers d'écriture, de temps de parole dialogique au cours desquels la parole était partagée entre intervenants et apprenants. Les participants, dont la plupart n'ont pas le bac, ont d'emblée été placés en position de chercheurs. Nous avons eu de belles réussites, en 2012 il y a eu 17 soutenances.

Propos recueillis par Elise Venet, Altermondes