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Soirée doc'action "Barakeden"

Oumou, jeune aide-ménagère figurant dans le film BarakedenUn Doc'action, c'est une soirée d'échanges autour d'un outil pédagogique ou d'une thématique particulière, en fonction des envies startiennes.

Pour cette première séance de l'année, nous avons mis un coup de projecteur sur « Barakeden », un projet de film documentaire sur les petites bonnes de Bamako, en présence de sa réalisatrice, Adeline Gonin. Elle nous en dit un peu plus sur le projet.

Bonjour Adeline, peux-tu nous expliquer l'origine du projet Barakeden ?

Bonjour ! Lors d'un séjour à Bamako, j'ai entendu la voisine crier très tôt le matin sur ses domestiques. J'en ai discuté avec l'aide-ménagère de la famille où je logeais, puis avec des amis maliens. C'est à ce moment que j'ai pris conscience de l'ampleur du phénomène, qui touche toutes les classes sociales : à Bamako, même les familles modestes ont très souvent une ou plusieurs petites bonnes qui assument toutes les tâches de la maison, avec des journées interminables, pour un salaire dérisoire (7500 FCFA en moyenne, soit 11 euros par mois).

Il existe quelques associations qui leur donnent des cours du soir ou qui les sensibilisent sur la santé, mais ça ne suffit pas du tout pour améliorer leurs conditions de vie, car il règne une indifférence quasi générale vis-à-vis de ces petites filles. C'est ainsi qu'est née l'idée d'un film pour leur donner la parole, et pour faire connaître les premiers mouvements des bonnes elles-mêmes pour défendre leurs droits.

Comment se sont passées les interviews? As-tu rencontré des difficultés pour interroger les "petites bonnes" ?

Avant de partir je m'imaginais qu'il serait difficile de les faire parler, de les mettre en confiance... mais ça a été tout le contraire ! Elles ont tout de suite compris l'intérêt d'être entendues, et elles faisaient la queue pour témoigner face à la caméra ! J'ai vraiment été impressionnée par la force et le courage de ces filles de 13 ou 14 ans, qui pour la plupart n'ont jamais été à l'école. Elles en ont marre ! Elles veulent que ça change !

Quelles sont les conséquences du projet au niveau local ? As-tu constaté des changements dans le statut des filles que tu as rencontrées ?

Au fur et à mesure des réunions, et à force de montrer des témoignages de filles d'un quartier à l'autre, le rassemblement des petites bonnes a pris de plus en plus d'ampleur. Accompagnées par des militants maliens, notamment au sein du mouvement No-Vox et de « l'Union des Démunis », les filles ont pris petit à petit confiance, les langues se sont déliées.

Mais on s'est rendu compte que les patronnes ne se laissaient pas faire. Elles ont compris que ce projet de film et ces réunions risquaient de les obliger à augmenter les salaires. Elles ont commencé à menacer les filles pour ne plus qu'elles viennent aux réunions.

Où en es-tu au niveau du montage du film ?

J'ai pu partir tourner quelques images grâce à une bourse de la mairie de Paris et du Ministère de la Jeunesse, et l'ambassade de France à Bamako a accepté de subventionner le film. Cependant la fabrication d'un film et les recherches de financements demandent du temps. J'ai lancé un appel à dons sur internet afin de compléter le budget.

Le teaser du film sur les petites bonnes de Bamako

Quelles sont tes attentes en France ? Que veux-tu faire du film ? As-tu déjà des idées de lieux où tu souhaites le diffuser ?

Une fois le film terminé, nous organiserons des projections à Bamako, et si possible dans les villages, grâce à nos associations partenaires au Mali. Nous ferons également des projections en France, notamment dans le cadre du Festival de cinéma dans les foyers de travailleurs migrants, que j'organise avec mon association Attention Chantier, qui porte également le projet du film.

Je vais aussi le proposer à des chaînes de télévision, mais je pense que le film sera surtout diffusé dans le milieu associatif et dans des festivals.

Comment les personnes intéressées peuvent elles donner un coup de pouce au projet ?

Ceux qui en ont les moyens peuvent nous soutenir en contribuant financièrement, mais nous avons aussi besoin de coups de main pour faire connaître ce projet de film, et pour organiser des projections. D'ailleurs, je remercie Starting-Block de nous avoir invités à la soirée Doc Action, et j'espère qu'on pourra organiser une autre soirée dès que le film sera prêt !

Merci Adeline et rendez-vous pour un prochain Doc'Action !

Si vous êtes intéressé-e par le projet, n'hésitez pas à faire un tour sur le mini site du film, vous y trouverez déjà plusieurs témoignages d'aides-ménagères.

Il reste encore quelques jours pour donner un coup de pouce au projet en cliquant ici : www.kisskissbankbank.com/barakeden Pour les plus généreux-ses, vous aurez peut-être la chance de dîner avec la réalisatrice !

En attendant que le film Barakeden soit entièrement bouclé, n'hésitez pas à guetter les prochains Doc'Action, On vous y attend nombreux...

Anne, Starting-Block