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Rencontre avec SOS Homophobie

 

Après deux actions menées avec SOS Homophobie, en novembre auprès des étudiant.e.s de l’ENSEA et en mars lors d’une soirée ECStraordinaire, on s’est dit qu’il serait temps de mettre cette association à l’honneur dans notre newsletter. Entretien avec Ludovic, bénévole depuis 8 ans à SOS Homophobie !

 

Est-ce que tu peux nous présenter l’association en quelques mots ?

 

SOS Homophobie est une association née en 1994 autour de la première ligne d’écoute mise en place pour signaler les actes LGBTphobes. Ce numéro, 01.48.06.42.41, permet aux personnes concernées d’être écoutées, de recevoir des conseils ou des réponses juridiques à propos de situations homophobes au sein de leur famille ou dans leur entourage. Grâce aux différents témoignages reçus, des rapports annuels ont été dressés pour faire un état des lieux des situations entendues et de sensibiliser aussi des politiques pour mettre en place des nouvelles lois et aller vers plus d’égalité. Ce qui a rapidement mené SOS Homophobie à se lancer dans la sensibilisation au sujet des personnes de la communauté LGBTQIA+. L’objectif premier est de tendre vers plus d’égalité en luttant contre les stéréotypes.

 

Tu peux nous parler un peu plus précisément des différentes actions que vous menez ?

 

SOS Homophobie a très vite divisé son activité en 3 axes.

 

L’écoute et le soutien juridique constituent le premier de ces axes.

Le numéro affiché sur le site permet une mise en relation avec nos bénévoles formés et formées sur les questions relationnelles pour écouter les personnes appelantes, les soutenir et répondre à leurs questions éventuelles. Nos bénévoles suivent aussi une formation sur les questions juridiques mais sont aussi formées pour diriger les personnes qui en ont besoin vers d’autres structures associatives qui les soutiendront. Il arrive parfois que nous allions plus loin, avec une possibilité d’envoyer une lettre de rappel à la loi à un employeur n’agissant pas en cas d’homophobie constatée dans l’entreprise, à un voisin ou à un propriétaire LGBTphobe ou encore de réaliser un accompagnement juridique suite à une agression physique en se constituant  partie civile dans certains cas. C’est possible grâce à un fonds de soutien lancé il y a peu par SOS Homophobie. Il y a donc une commission Soutien juridique qui a pour mission d’accompagner sur ces questions là.

 

La prévention, avec des formations et des sensibilisations, depuis 2004.

Cela a commencé auprès des publics jeunes avec les collégiens puis nous avons très vite eu des demandes de la part des entreprises puis de la part des enseignants, qui ne savent pas toujours comment faire pour prendre ce sujet en main. Nous réalisons donc aujourd’hui des formations pour adultes, pour les plus jeunes mais aussi auprès d’associations, en milieu pénitentiaire, auprès de collectivités... Tout les publics qui en font la demande ! Ces publics sont parfois en recherche de formation, notamment au sein des INSPE (Institut national supérieur du professorat et de l'éducation) pour sensibiliser à leur tour ; parfois en recherche de sensibilisation uniquement, pour lever le tabou, faire ressortir les représentations et travailler sur ses propres stéréotypes sur le sujet et des difficultés que l’on peut avoir à l’aborder (en tant qu’ami, que parent, comment être à l’écoute).

 

Le dernier axe est le militantisme.

Nous militons pour une égalité des droits, notamment pour les questions liées aux couples et à la parentalité. Nous avons un livre interne, le livre rose de SOS Homophobie, qui reprend toutes les revendications et qui est mis à jour régulièrement suivant les objectifs fixés en AG. Aujourd’hui, la question de la PMA, la procréation médicalement assistée prend une grande place dans nos revendications. Nous communiquons autour de cette questions et discutons avec les parlementaires pour que toutes les situations soient prises en compte, pour l’ouverture aux femmes lesbiennes, aux femmes seules et aux femmes et aux hommes transgenre. Nous luttons également pour la simplification du changement de nom et de genre dans les documents officiels et administratifs pour les personnes trans. Il y a une loi qui a été votée et qui a simplifié les démarches, qui peuvent se faire en partie en mairie. Dans ce sens, nous sommes consultés par le ministère pour un meilleur accueil des élèves trans à l’école. C’est la reconnaissance aussi de tout ce que l’on peut faire en milieu scolaire, puisque l’on a aussi un agrément national.

 

Chez Starting-Block, comme tu le sais on est très portés sensibilisation. Comment est-ce que vous procéder pour sensibiliser sur les questions LGBT?

 

Nous utilisons principalement des outils de débat, sur des formats de deux heures. Celui-ci permet de faire ressortir l’homophobie, les questionnements. Parfois, avec des publics plus jeunes, nous utilisons des outils un peu plus ludiques. Dans nos interventions nous cherchons à créer l’échange, notre but n’est pas de faire changer d’avis mais de démarrer la discussion pour qu’elle se poursuivre après, quand on est pas là. C’est souvent le retour que l’on a de la part des enseignants, qui n’ont pas souvent l’occasion de se poser et de discuter ensemble, face à face, de ces questions-là. Ça permet aussi s’il y a de problèmes ou des situations qui se présentent, d’avoir le même vocabulaire pour parler de ces questions et en parler sans souci. Notre objectif est d’entrer dans le dialogue à partir du niveau de connaissances de la personne et de mettre la prévention en priorité et non pas la sanction.

 

Et en ce moment j’ai cru comprendre qu’il y avait une nouvelle campagne dont tu voulais nous parler ?

 

Tout à fait ! Je voulais te parler de C’est comme ça. C’est un projet qui a émergé il y a dix ans, avec la création d’un site, https://cestcommeca.net/. Ce qui était relayé dans les médias ou dans les films c’était souvent des histoires un peu plus tristes ou des situations d’homophobies assez difficiles. Ce site avait donc pour objectif de montrer qu’il est possible de vivre heureux et heureuse en étant LGBT, de montrer des histoires et des représentations positives, d’artistes, de sportifs...

En 2021, notre commission Adolescence et homophobie a développé une nouvelle campagne, “Bien dans ma vie et #CESTCOMMECA”. C’est une campagne avec des livrets, des cartes et des goodies pour les jeunes LGBTI+. Nous avons un pack gratuit qui leur est entièrement destiné, le pack “Jeune LGBTI+ : Renforce tes pouvoirs”, qui contient un guide avec des pistes pour être à l'aise avec son orientation amoureuse ou son identité de genre, 5 cartes postales, 5 stickers et 1 bracelet collector. Nous avons aussi un pack « allié LGBTI+ » - disponible à prix libre - qui contient un guide qui explique comment agir pour soutenir les jeunes LGBTI+ ainsi que des goodies.

 

Merci Ludovic et à bientôt !

 

 

Pour commander votre pack C’est comme ça : https://cestcommeca.net/mediatheque/bien-dans-ma-vie-et-cestcommeca/

Pour en savoir plus sur l’association : https://www.sos-homophobie.org/

Le numéro à retenir : 01.48.06.42.41