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AccueilActualitésPortraitCollège et handicap : récit d'un parcours du combattant

"La campagne Handivalides m'a aidé à voir la légitimité des compensations"

SebastianPorteur d’une cécité à l’œil gauche, Sebastian est étudiant ingénieur en deuxième année à l’Institut d’Optique Graduate School. Nous l’avons interviewé à l’occasion de la journée Handivalides dans son école.

Peux-tu nous parler de ton parcours ?

Après mon BAC scientifique, j’ai fait une classe prépa scientifique, filière PCSI (physique, chimie et sciences de l’ingénieur) puis PSI (Physique Sciences de l’ingénieur), qui m’a permis d’intégrer l’IOGS. J’ai la chance de ne pas avoir été gêné par mon handicap dans ma scolarité. Je suis porteur d’une maladie rare, la maladie de Coats, qui affecte ma rétine gauche. Elle a été diagnostiquée quand j’avais 3 ans mais je l’ai sans doute depuis ma naissance. Du coup je suis suivi régulièrement, notamment pour vérifier que cela n’affecte pas mon œil droit.

Pour le moment j’ai gardé une acuité visuelle de 10/10 à l’œil droit, donc je peux faire toutes les activités que je souhaite. Par contre, je me fatigue plus rapidement à la lecture, surtout sur ordinateur, et je peux avoir des difficultés avec la perception des distances quand les objets sont en mouvement : quand je joue au foot par exemple, ou quand je manipule des flacons en TP de chimie.

As-tu bénéficié d’aménagements ?

J’ai bénéficié d’un tiers temps supplémentaire au BAC. En prépa, la demande d’un aménagement n’a pas été simple parce que ça me gênait de me sentir favorisé par rapport aux autres, surtout dans l’optique d’un concours. J’ai demandé le tiers temps supplémentaire, mais je n’en ai pas parlé à mes amis proches avant l’officialisation de la validation de ma demande

J’ai attendu ma deuxième année à l’IOGS pour demander ce qui me revenait de droit. Je bénéficie du tiers temps et des impressions papiers. Mes demandes d’aménagement ont été très bien accueillies, je n’ai eu aucune remarque, ni de la part des enseignants ni des étudiants. Le fait de participer à la campagne Handivalides de Starting-Block l’année dernière à l’IOGS m’a aidé à voir la légitimité des compensations.

Est-ce que le fait d’avoir un handicap visuel a joué dans ton choix d’une école d’optique ?

Au début, je ne pensais pas faire une école d’ingénieur spécialiste mais plutôt une grande école généraliste. Mais en voyant les résultats de concours, comme les écoles généralistes auxquelles j’étais admis m’intéressaient moins, j’ai préféré choisir l’IOGS. L’optique médicale m’intéressait pas mal, et je me suis dit que c’était l’occasion d’en apprendre davantage sur l’ophtalmique et l’ophtalmologie. J’ai beau avoir fait S et bio et être porteur d’un handicap visuel, je ne savais même pas vraiment comment fonctionnait un œil… Je peux dire que mon lien affectif avec le domaine de l’optique a joué dans le choix de mon école.

Est-ce que tu trouves que l’enseignement supérieur accueille correctement les étudiants en situation de handicap ?

Je ne pourrais pas répondre pour les autres écoles d’ingénieur que je ne connais pas, mais en tout cas à l’IOGS l’accueil à été très bon, grâce à la compréhension de Cathel (référente handicap de l’école), et peut-être aussi au fait que mon responsable d’année avait une personne en situation de handicap visuel dans son entourage. Il reste beaucoup de choses à faire, c’est sûr. Il y a des profs qui ne sont pas du tout préparés à la diversité des handicaps que l’on peut rencontrer. Mais j’ai l’impression que globalement les établissements sont pas mal engagés, et les étudiants plutôt réceptifs et ouverts. Grâce à la campagne Handivalides, on en parle.

Quels sont tes projets pour la suite ?

Je suis en spécialité « optique énergie et environnement » et j’ai un projet de communication scientifique sur le solaire photovoltaïque. L’an prochain, je voudrais partir en année de césure à l’étranger, en Allemagne et en Angleterre, pour me perfectionner sur l’éclairage et l’énergie solaire. Mais j’aimerais aussi aller en Asie pour un projet humanitaire de développement, en lien toujours avec l’énergie, par exemple pour l’installation de chauffe-eaux solaires ou de panneaux photovoltaïques. Je ne sais pas encore dans quel pays, peut-être au Cambodge car je connais une ONG qui y intervient. J’ai d’ailleurs organisé sur le campus de Polytechnique une course au profit de cette association.

Propos recueillis par Jean-Marc, Starting-Block