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"L'éducation populaire, c'est une transmission mutuelle"

Sarah (à droite) et Maëva en tenue d'animEtudiante et nouvelle bénévole startienne après son passage à Lyon à Double Sens, Sarah anime régulièrement des formations en Education à la Citoyenneté à la Solidarité. Elle nous livre sa vision de l'animation !

photo : Sarah (à droite) et Maëva en tenue d'animation

Comment as-tu connu le réseau SENS ?

Il y a trois ans, avec d’autres élèves de l’école de commerce et développement 3A à Lyon, où j’étudiais, nous avons participé à une formation Repas Insolent animée par LADS. Ensuite, avec l'aide de Louis, bénévole à LADS, nous avons organisé un repas insolent sur la thématique de la souveraineté alimentaire et pour l'occasion créé différents « happening ». Le repas s'est déroulé dans l'appartement d'une amie, 35 personnes ont participé : des étudiants, des voisins, des amis et des inconnus. L'animation a duré quatre heures, c’était vraiment trop bien ! Ça a été un déclic pour moi, je ne connaissais pas du tout l'ECS et ses méthodes.

C’est pour ça que tu es devenue volontaire en service civique à Lyon à Double Sens (LADS), la plateforme lyonnaise du réseau Sens ?

Oui, cette première expérience avec LADS m'avait vraiment emballée et le volontariat m'a permis d'acquérir de nouvelles compétences, aussi bien dans l'animation que dans l'organisation et le suivi de projet. J'ai apprécié de pouvoir faire de l'animation avec des jeunes, et pas seulement sur la thématique du développement. Aux côtés de Juliette, volontaire détachée de Starting-Block, j'étais recrutée en tant que volontaire en service civique sur la coordination et l'animation en milieu scolaire et parascolaire (MJC, centres de loisirs). On a aussi organisé pas mal de formations sur les outils, pour les bénévoles et volontaires de l'association, ainsi que pour des enseignants.

Avant mon volontariat, j'avais fait mon stage de fin d'études chez Frères des Hommes. Je participais à l'animation du programme de formation européen Hémisphères, qui proposait des formations à une vingtaine de jeunes pendant 3 semaines sur des thématiques liées à la solidarité internationale. Pendant ce stage, j'ai aussi pu bénéficier d'une formation sur les techniques d'intervention dans l'espace public, au Porteur de Parole, l'occasion aussi de créer de nouveaux outils (jeu Pommique et Elément-terre), qui circulent aujourd'hui à Starting-Block !

Frères des Hommes m'a permis de faire mes premiers pas dans l'EAD (éducation au développement) et LADS de concrétiser mon engagement.

A peine formée à l’ECS, tu t’es tout de suite mise en position de formatrice !

Heu oui c’est un peu ça, mais à mon avis il n’y a pas besoin d’avoir vingt ans d’expérience d’animation pour animer des formations... Pour moi il n’y a pas d’un côté l’animation et de l’autre la formation : je suis toujours en posture d'animatrice. Je vois la formation avant tout comme un espace où l'animateur pose des questions « qui piquent » et modére les échanges.

Ça a l’air d’être important pour toi, les formations ?

Bien sûr, car c’est comme ça qu’on multiplie les animateurs, donc le nombre d’animations et l’impact de l’ECS ! Un animateur peut se former sur le tas, mais c’est quand même utile de passer par des formations pour réfléchir, se remettre en question, affiner sa pratique.

Après, c’est important aussi de passer de l’autre côté de la barrière, de participer à l’animation de formations, ne serait-ce que pour se rendre compte que ce n’est pas insurmontable, et que les outils utilisés durant les animations sont le résultat de questionnements permanents et ne sont pas figés.

Tu crois que tout le monde peut devenir animateur de formation ?

J’en suis convaincue ! Animer une formation, c’est avant tout échanger avec des pairs. L’éducation populaire, ce n’est pas un transfert de connaissances de haut en bas, c’est une transmission horizontale, mutuelle, ludique, et un effort de vulgarisation.

As-tu une anecdote de formation que tu voudrais nous raconter ?

Il y a quelques semaines, j’ai participé à un week-end de formation du Genepi, qui intervient en milieu carcéral. J’étais animatrice sur un atelier « animer dans l’espace public », où j’ai partagé quelques techniques que je connaissais. Mais j’ai énormément appris sur la connaissance du public et du monde carcéral, grâce à l’expérience du Genepi. J’adore quand ça se passe comme ça et qu’on apprend mutuellement…

Que fais-tu aujourd’hui ?

Je suis aujourd’hui sur Paris où j’ai repris des études à l’IEDES (Institut d’Etudes du Développement Economique et Social). Je fais un master 2 en développement local avec spécialité urbaine, car je veux creuser la question de la participation citoyenne et de l’espace public comme lieu d'échange. Pour moi, l’ECS peut être un premier pas vers un engagement citoyen, dans la mesure où elle provoque des échanges, elle permet de formuler simplement des choses complexes, elle développe l’esprit critique, et elle travaille sur la facilitation et la cohésion de groupe.

Propos recueillis par Jean-Marc, Starting-Block

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