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AccueilActualitésPortraitPortrait de l'association ISF-Limoges

Maylis, animatrice SENS

le jeu des villageois de DiambeyMaylis, 25 ans, est actuellement chargée de plaidoyer pour le financement du développement chez Oxfam France. Pendant deux ans, alors qu'elle était étudiante, la jeune femme a animé le stand éducation de l'atelier d'immersion "Les villageois" coordonné par Starting-Block. Confrontée aux remarques et interrogations des collégiens, elle a pu progressivement, avec les autres étudiants engagés, peaufiner son discours tout en s'interrogeant sans cesse sur un monde que les interdépendances rendent extrêmement complexe à comprendre. Elle revient sur cette expérience formatrice...

"Jeudi après-midi : débarquement à 10 étudiants avec des chariots dans un collège du 13ème arrondissement de Paris : on va se construire un petit village africain au milieu du réfectoire. Nous avions placé la barre haut : ne pas s'en tenir à un simple exposé pour montrer que l'école n'est pas un acquis pour la majorité des enfants de l'Afrique de l'Ouest. Seuls quelques rares enfants achèvent l'école primaire, selon qu'ils habitent à la campagne ou en ville, selon la langue qu'ils parlent, selon le métier de leurs parents...

C’est donc un jeu de l’oie doublé d’un jeu de rôle qui nous permettait de susciter l’intérêt des collégiens… Chaque animation apportait son lot de réactions et d’interrogations. Les jeunes adolescents nous posaient souvent des questions très simples qui remettaient pourtant en cause nombre de nos affirmations, nous obligeant toujours à revenir avec de nouveaux discours et surtout des positions plus fines. Il s'agissait d'essayer de leur expliquer en quoi ce qui se passe là-bas concerne tout un chacun, à 14 comme à 50 ans, tant les interdépendances dans le monde d’aujourd’hui sont fortes.

Aujourd’hui, c’est toujours de ces interdépendances dont je parle en travaillant pour Oxfam France, ONG française qui travaille au sein d’un réseau international pour résoudre les causes de la pauvreté et de l’injustice dans le monde. Le but d’Oxfam est de changer les lois qui font perdurer ces injustices en faisant pression sur les décideurs politiques, au Nord et au Sud. A Oxfam France, notre « première arme » est de sensibiliser l’opinion publique française à des questions –compliquées !- comme celles des règles du commerce international, du commerce des armes ou de l’aide publique au développement, à travers des campagnes d’opinion pour expliquer l’impact des lois et des règles des pays riches dans le monde. Les pétitions et les mobilisations de nos militants dans l’ensemble de la France nous permettent ensuite d’interpeller nos dirigeants politiques pour les pousser à changer les choses.

En tant que chargée de plaidoyer sur le financement du développement, je cherche avec nos partenaires comment des Etats pauvres pourraient collecter davantage de recettes fiscales à investir dans leurs systèmes d’éducation et de santé afin d’en favoriser un accès universel et gratuit. Il s’agit de décrypter par exemple le rôle des paradis fiscaux qui captent aujourd’hui une bonne partie des flux financiers mondiaux en contournant les lois des autres pays et la manière dont l’évasion fiscale de beaucoup de multinationales minent les budgets au Sud. La fraude fiscale des multinationales coûterait à elle seule 125 milliards d’euros par an aux pays du Sud, une somme supérieure à ce qu’ils reçoivent en aide internationale.

Travail en réseau avec d’autres associations, rendez-vous politiques, interventions dans les media… Ma fonction, à présent, est de mettre le gouvernement face à ce diagnostic et de proposer des solutions concrètes pour lutter contre cette hémorragie fiscale.

Starting-Block, Oxfam… Au final, mon rôle est toujours le même ! Expliquer et sensibiliser pour mettre un peu de SENS dans ces décisions qui paraissent toujours plus techniques que politiques ! Start' restera donc une expérience unique et fondamentale dans mon parcours, faite de débats et d’interrogations sur le monde : pas une citoyenneté abstraite, mais un apprentissage permanent, tant dans la vie interne de l’association que dans nos discussions entre jeunes, presque de la même génération…"

Maylis, chargée de plaidoyer pour le financement du développement chez Oxfam France