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AccueilActualitésFocusL’année internationale de l’agriculture familiale : à vos outils !

Un outil de sensibilisation sur les cosmétiques

 

Un tout nouvel outil a été créé par l’équipe de Starting-Block récemment, sur les cosmétiques, pour sensibiliser le grand public au développement durable.

Pourquoi cet outil ?

Le Dimanche 12 Mai 2019, nous avons eu l’honneur de nous rendre à la semaine du développement durable dans l’une des villes les plus engagées de la Seine-Saint-Denis : Pantin. Plusieurs associations se sont réunies afin de montrer leurs savoirs, partager leurs connaissances et échanger avec les passants. Certaines faisaient du prêt et de la réparation de vélos, d’autres de la récupération de matériaux comme les bouchons de bouteilles ou encore proposaient sur place de la cuisine anti-gaspillage. Starting-Block avait animé l’an dernier un outil sur le parcours d’un jean afin de sensibiliser les passant.e.s aux différents allers-retours des composants de ce type de pantalon qui se trouve dans toutes les garde-robes, son impact social et environnemental.

 

Pour changer et offrir une animation plus light aux passant.e.s les plus pressé.e.s, nous avons décidé d’aborder la question du développement durable sous un objet du quotidien différent, mais pas moins d’actualité : le cosmétique. Et quoi de mieux que d’être placé.e.s juste à côté d’un stand où les passant.e.s pouvaient elle.eux-mêmes fabriquer leur huile ou leur gommage ?

 

Comment cet outil ?

Cette animation nous a amené à réaliser beaucoup de recherches sur le sujet et a suscité de longues heures de préparation. Nous avons recherché différents cosmétiques couramment utilisés (shampoing, maquillage, après-rasage, crème solaire, savon, huile de massage…) ainsi que les célèbres marques très médiatisées pour donner du sens à notre démarche, mais aussi pour que les participant.e.s s’y retrouvent et se sentent concerné.e.s. Nous avons imprimés les visuels de ces produits et avons indiqués au dos la composition détaillé des substances controversées, potentiellement toxiques et dangereuses. Les produits aux risques modérés/moindres/nuls, quant à eux, voyaient sur leur dos le symbole √.

 

Mais sur quels critères nous sommes-nous appuyé.e.s nous demandez-vous ? Nous avons choisi de prendre en compte un maximum de facteurs : l’impact environnemental, la toxicité sur la santé, les tests sur animaux et les conditions de travail/l’éthique de la marque. Pour renseigner ces différents critères, nous nous sommes appuyé.e.s sur l’application INCI Beauty, qui donne une interprétation des composants en scannant simplement le code-barres des produits. Nous avons ensuite visité le site des marques, et écumé l’Internet à la recherche d’informations, les plus difficiles à trouver étant celles sur les conditions de travail des personnes fabriquant ces produits : nous recherches à ce propos ont très rarement abouti.

 

Nous avons sélectionné des labels et logos officiellement bio et des labels n’ayant pas été reconnus par les pouvoirs publics et les certificateurs. Ils ont été mélangés sur un document pour demander aux participants de reconnaître lesquels d’entre eux était de « vrai » ou de « faux » labels. 

 

Enfin, nous avons ramené des déodorants solides, cotons démaquillants et serviettes hygiéniques lavables, dans le but de montrer aux participants que des alternatives responsables existent et qu’elles peuvent très bien convenir à nos besoins. Quelques cosmétiques (crème solaire, maquillage, déodorant, huile de massage, etc.) ont aussi été sortis de nos tiroirs car nous avons voulu faire la démonstration d’un outil technique à la portée de tous les utilisateurs de smartphones : l’application mobil INCI Beauty sur laquelle nous nous sommes beaucoup appuyés pour effectuer nos recherches. Comme sa sœur Yuka, cette application prend en compte les conservateurs, composants allergisants, et autres dérivés dangereux, à la différence qu’elle se concentre spécifiquement sur les produits de beauté. Nous avons pu utiliser INCI directement pendant les animations, avec des participant.e.s qui ne la connaissaient pas forcément mais qui se sont volontiers pris.e.s au jeu.

Et ça s’est déroulé comment ?

Notre animation se déroulait en plusieurs étapes.

- D’abord nous interpellions les passant.e.s en les invitant à nous rejoindre. Nous pouvions commencer par leur poser des questions sur leurs habitudes de consommation, leurs connaissances sur le sujet des cosmétiques, etc.

- Ensuite, nous attirions leur attention sur les produits installés sur le stand (crème solaire, maquillage, déodorants, huile de massage, etc.). Ils pouvaient bien sûr les observer et les manipuler.

*Expliquer la démarche avec l’outil INCI 

- Puis, nous pouvions commencer le jeu qui consistait à classer les images de cosmétiques entre ceux qui sont considérés comme « sains » ou « mauvais/à risque pour la santé » à partir de leurs propres connaissances. Beaucoup se fiaient aussi à leur intuition.

*Expliquer la démarche avec les labels 

 

A l’aide de nos recherches faites en amont, nous apportions des éléments de réponse, grâce à un tableau que nous avions imaginé pour récapituler les caractéristiques des produits, notamment leur composition, leur éthique, leur respect envers les animaux. A partir de cela nous favorisions les échanges afin de partager nos savoirs, car les participant.e.s nous apprenaient aussi donc cela nous permettait de ne pas être dans un modèle descendant de transmission de savoirs.

 

Bilan de tout cela ?

Nous avons constaté qu’il était compliqué d’intéresser certains publics, notamment les hommes car ceux à qui nous avons pu parler venaient surtout du fait que leurs femmes engageaient la discussion avec nous. Ils sont pourtant autant concernés par les savons, shampoings, crèmes de rasage, crèmes solaires… Mais pensent peut-être de prime abord qu’il s’agit d’un stand sur la « beauté » et qu’elle ne les concerne pas. Nous n’avons donc pas pu toucher un public aussi large que nous l’aurions souhaité, même si nous avons pu aussi discuter avec des enfants, amenés par la curiosité, des jeunes et des personnes retraitées. Nous avons même eu la visite d’un groupe de femmes étrangères allophones, accompagnées par leur groupe de formation à la langue française. 

 

Pour finir, il nous semble important de dire que cet événement a aussi été un espace privilégié pour rencontrer de nouvelles associations, comme « Selon George », placée juste à notre droite. Tout au long de la journée, nous avons discuté et beaucoup appris de cette association qui s’est spécialisée dans la création de cosmétiques naturels. Nous avons même réussi à s’appuyer sur leur expertise et construire des actions complémentaires durant cette journée. D’un côté nous prenions contact avec les personnes, nous les invitions à participer à nos jeux pour faire émerger des opinions sur la composition des produits, puis nous les dirigions vers Selon George pour fabriquer elles-mêmes leurs soins à base de vitamines et huiles essentielles bio. Ainsi, nous nous sommes en quelque sorte associé.e.s et nous avons imaginé notre propre parcours en deux étapes, ce qui permettait d’éviter la concurrence ou la « chasse aux passant.e.s » mais bien de se solidariser pour mieux travailler ensemble autour d’une même envie : inciter à mieux consommer.
 

Ecrit par Killiane et Lucie