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Concilier handicap et vie associative

Parcours inclusion au WEFStarting-Block agit depuis des années pour construire un monde « plus juste, inclusif et solidaire ». Et si on revenait sur la notion d’inclusion ? Rendre une société et une vie associative inclusives, ça veut dire quoi ?

Une définition problématique

L’inclusion, telle que nous la concevons, apparait peu dans les dictionnaires classiques. On y trouve beaucoup de définitions scientifiques (biologie, mathématiques…) mais peu d’inclusion sociale ou de handicap. En effet, même au sein de la célèbre loi de 2005 ‘’pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées’’, le terme "inclusion" n’apparaît pas une seule fois ! Au sein de la commission européenne, on parle d’inclusion active, qui « consiste à permettre à chaque citoyen, y compris aux plus défavorisés, de participer pleinement à la société, et notamment d’exercer un emploi ». Mais dans ses applications concrètes, le programme se destine avant tout aux personnes en situation d’exclusion sociale et se concentre sur le retour à l’emploi. Le handicap n’y est pas cité.

Ce flou dans les définitions est partagé. Dans le domaine scolaire par exemple, les notions d’inclusion et d’intégration se croisent et se mélangent, s’opposent souvent, d’autant plus que chaque pays a sa propre définition : « Le terme d’inclusion et celui d’éducation inclusive sont parfois assimilés, en France, à des pratiques d’accueil qui se limiteraient à placer des élèves handicapés en milieu ordinaire, sans aucune réflexion sur les conditions nécessaires à cet accueil. En Angleterre par exemple, c’est plutôt sous le terme d’intégration que l’on désigne cette seule présence physique, alors que le terme d’inclusion implique une appartenance pleine et entière à la communauté scolaire. En Italie, le terme ‘’intégration’’ est encore couramment utilisé, alors que la politique éducative se place résolument dans la perspective de ce qu’on appelle ailleurs école inclusive. De plus, dans des pays qui ont adopté la terminologie de l’inclusion, comme l’Angleterre, certaines des pratiques continuent pourtant à relever de l’intégration. En France, on préfère parler d’école pour tous[1]. »

Face à ces difficultés de compréhension, un collectif de parents « Think inclusive » a voulu schématiser les différents termes. On peut lui reprocher sa « simplification » ou son manque d’objectivité, mais il a le mérite de créer un cadre commun.

Schéma ségrégation/intégration/inclusion

L’inclusion vue par Starting-Block

Pour Starting-Block, construire une société inclusive, c’est avant tout s’adapter aux différences de la personne et aller au devant de ses besoins pour lui permettre d’avoir la même possibilité d’action que tous. C’est recentrer sa vision sur la personne, et non sur son handicap. C’est construire une société où tout le monde peut être considéré au même niveau et où les aménagements sont utiles à tous. C’est permettre d’être une personne à part entière, avant d’être une personne handicapée.

C’est cette vision que Starting-Block transmet depuis des années, par ses projets de tutorat de jeunes en situation de handicap, ou via la campagne Handivalides. En 2015, un nouveau projet a également vu le jour dans cette direction, qui permet de mixer l’ensemble des domaines d’actions de l’association : le projet « Handicap et vie associative ».

Accessibilité et inclusion dans la vie associative

Cette année, grâce au soutien de la Fondation de France, l’accent est mis sur l’inclusion dans les associations de jeunes, étudiantes ou non. Beaucoup d’associations, membres de nos réseaux, s’interrogent en effet sur l’accessibilité de leurs actions. Elles souhaitent se rendre inclusives mais n’ont pas les clés, et leur méconnaissance du handicap les freine. Starting-Block se propose alors de les accompagner pour mieux appréhender le handicap et savoir comment adapter sa vie associative.

Bien sûr, en matière d’accessibilité, il n’y a pas de solution parfaite ou toute faite, applicable à toutes les personnes en situation de handicap. En fonction des besoins et des souhaits de la personne concernée, les solutions sont à moduler et à trouver ensemble. Prendre en compte les besoins spécifiques des personnes, les accueillir en tant qu’individus, ce sont des attitudes, voir des habitudes à prendre afin de permettre à tout un chacun d’avoir la possibilité de s’inclure dans un groupe.

Nous choisissons donc de ne pas limiter la notion d’accessibilité à une solution purement logistique : une rampe d’accès pour les fauteuils roulants est nécessaire, mais pas suffisante. Des documents imprimés en braille sont nécessaires, mais ne remplacent pas le contact humain et la volonté d’accueillir et de comprendre l’autre.

Sensibilisation et formation, les clés de la réussite

Et pour pouvoir créer un environnement humain, la sensibilisation pour une meilleure connaissance du handicap est au cœur de la démarche. Par ses actions régulières de sensibilisations, Starting-Block aborde le quotidien des personnes en situation de handicap.

Des ateliers « Pour une vie associative inclusive » sont également mis en place, au sein des associations et lors de week-ends de formation. Au programme : apports de connaissances théoriques sous forme de jeux, discussions sur nos représentations du handicap, mises en situation… et des réflexions concrètes : comment communiquer pour tout le monde ? Comment réussir la mobilisation et l’accueil de nouveaux bénévoles au sein de mon association ? Comment rendre mon évènement vraiment inclusif ? Comment se comporter face une personne en situation de handicap ?

Autant de questions à se poser pour adopter des réflexes qui ne coûtent pas plus chers et permettent à tous de trouver leur place, que l’on soit en situation de handicap ou non !

Lise, chargée de mission études supérieures et handicap


[1] Source : La nouvelle revue de l’adaptation et de la scolarisation – n° 159 p.37 • 1er trimestre 2007 – « Intégration ou inclusion? Éléments pour contribuer au débat »