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Pourquoi nous croyons à l’ECSI !

Citoyenneté & solidarité internationale les jeunes en parlent ! Cette tribune cosignée par Etudiants et Développement et Starting-Block a été publiée à l'occasion du lancement de la Semaine de la Solidarité Internationale 2014. En parlant d'une même voix, les deux réseaux indiquent leurs convergences de vision et affichent leur souhait de populariser la toute nouvelle appellation "ECSI" !

Dans les années 1960, de nombreuses ONG naissent pour intervenir en appui aux sociétés civiles des pays émancipés de la tutelle coloniale. Très vite, certaines d’entre elles se lancent dans l’Éducation Au Développement (EAD), pour apporter un autre regard sur ces pays, trop souvent caricaturés par un imaginaire misérabiliste hérité de la colonisation.
Aujourd'hui, l’Éducation à la Citoyenneté et à la Solidarité Internationale (ECSI) permet d’aborder une diversité de thèmes, l’enjeu de la rencontre interculturelle et la complexité des interdépendances au niveau mondial. C’est une démarche éducative et politique qui permet aux individus de prendre des positions informées à tous les niveaux de leur société.

Une démarche éducative, collective et sur le long terme.

L’ECSI s’inscrit dans une dynamique d’apprentissage et de développement des facultés individuelles à travers une pédagogie participative et réflexive. Puisqu’on ne peut pas imposer un savoir si la personne n’est pas disposée à le recevoir, l’ECSI se propose de la faire passer du statut de récepteur passif d’informations à celui de producteur actif de savoirs. Dans cette démarche d’Education populaire, on part du principe que chacun a des compétences qui contribuent à l’émergence d’un savoir collectif. Le but est de créer une rencontre, de mettre en place un espace de discussion propre à l’émulation collective. Nous croyons au groupe, qui est en lui-même un facteur de questionnements. L’ECSI ne vise pas à transférer des compétences, mais à accompagner un groupe dans sa réflexion en partant de ses représentations initiales. Cette démarche permet de transmettre des informations sans prétendre à la vérité absolue et de susciter le questionnement, le doute, la participation puis l’action. Enfin, c’est une démarche sur le long terme. La multiplication des séances et le travail en profondeur sont nécessaires pour accompagner son public vers l’envie d’agir, la mobilisation.

Un engagement politique

L’ECSI vise à provoquer une prise de conscience qui amène les gens à vouloir devenir acteurs d’un changement. En plus de fournir des outils de compréhension du réel, l’ECSI doit montrer des moyens d’action, des alternatives qui suscitent en chacun l’envie de s’engager. Pour nous, l’ECSI est une invitation à s’engager, à ne pas rester consommateurs, mais à devenir acteurs, porteurs de parole dans une discussion et capables d’écouter différentes voix. Cet engagement politique implique une vision dynamique de la citoyenneté. Devenir citoyen actif, c’est prendre des responsabilités et être en mesure d’exercer son influence dans la société. Le but de l’ECSI aujourd’hui n’est plus simplement de former les gens aux questions internationales, mais de permettre d’influer sur les politiques publiques ou celles des ONG. L’ECSI doit être reconnue comme un outil de gouvernance, un outil de démocratie pour des citoyens formés et informés qui sont alors acteurs. Créer une masse critique de citoyens actifs et formés, prêts à se mobiliser, c’est permettre de se réapproprier la démocratie.

Une vision interculturelle

L’ECSI est une démarche d’éducation populaire orientée vers un objet spécifique : la solidarité internationale. La question interculturelle, et la nécessité de prendre en compte des enjeux culturels complexes, font partie intégrante de l’ECSI. C’est un enjeu essentiel pour la compréhension des différents contextes internationaux, pour l’efficacité d’éventuels projets à l’étranger, mais aussi pour l’intercompréhension au sein d’un groupe dans une session de formation. Travailler cette question c’est partir du constat que la relation interculturelle commence dès que l’on rencontre quelqu’un d’autre.

Donner à voir les interdépendances et témoigner de luttes communes

Donner des clefs de compréhension du réel pour un changement vers un monde plus solidaire, durable, responsable, ne peut se faire que dans une réflexion globale. Notre comportement peut avoir des répercussions sur notre voisin comme partout dans le monde. Cette intuition qui peut avoir l’air d’une évidence est souvent bien plus complexe à démontrer. On ne réalise pas encore assez le nombre de décisions politiques qui se prennent au-delà du territoire français. A l’inverse, on a également du mal à imaginer l’impact de notre mode de vie sur le reste de la planète. Le monde est interconnecté et bien souvent, le meilleur moyen de faire changer les choses au niveau global est d’agir localement. L’ECSI est un outil efficace pour mettre à jour la complexité du système monde, mais aussi pour témoigner de convergences de luttes sur tous les continents. En effet, les problèmes globaux donnent lieu à des résistances ou à des adaptations différenciées en fonction du contexte. Ces capacités d’invention sont essentielles à partager. L’ECSI peut alors jouer un rôle pour le transfert de pratiques ou le partage de ressources entre deux ou plusieurs pays. Qu'ils soient dits du "Nord" ou du "Sud".

Valoriser son expérience à l'international

Il est trop facile de séparer ce qui se passe ici et à l’étranger. La construction du projet, dès le départ doit interroger la pertinence et l’efficacité de l’action. Il faut partir avec des projets à l’ambition modérée pour éviter les trop grandes déceptions et laisser le plus de place possible à l’échange interculturel. La rencontre, et donc le succès du projet, ne peut se faire que si nous sommes conscients de notre propre altérité quand nous nous confrontons à l’autre. Par ailleurs, l’ECSI questionne la pertinence des projets de solidarité internationale. La mobilité fait partie intégrante des parcours de jeunes aujourd’hui. Nos structure se proposent d’accompagner cette expérience pour qu’elle se passe le mieux possible et qu’elle soit le ferment d’actions d’ECSI. Il faut encourager la mobilité, non pas pour elle-même, mais pour ce qu’elle produit, sur le terrain mais aussi dans l’esprit de la personne qui part. Le choc culturel à l’arrivée dans un pays étranger, et celui qu’on expérimente au retour chez soi, nous obligent à adapter notre comportement à nos nouvelles représentations.

Une invitation à se remettre en question : aborder le réel dans sa complexité

L’ECSI a pour but le changement. Elle véhicule une vision du monde dynamique, en mouvement permanent. De même, l’ECSI ne nous laisse pas inchangés : elle a un impact sur nos conceptions du réel mais aussi sur nos pratiques. Si les connaissances produites par l’ECSI ne sont pas académiques, elles permettent de mettre en question nos pratiques et nos représentations dans notre univers quotidien. L’ECSI s’attaque souvent à des problématiques aux enjeux multiples, qui vont toucher différents pans de l’activité humaine et avoir des implications différenciées sur l’ensemble de la planète. Pour autant, l’objet de l’ECSI n’est pas de vulgariser ces questions. En faisant émerger les différentes compréhensions du monde, en valorisant le débat et les prises de position minoritaires, l’ECSI va contribuer à complexifier le réel. Plutôt que la recherche systématique de la synthèse, elle vise la prise en compte des multiples points de vue qui, associés, contribuent à représenter une réalité objective car partagée. Accepter cette complexité et la pluralité des points de vue sur une question, permet à partir de sujets très variés de faire ressortir les enjeux globaux. Partir de détails permet d’interroger des phénomènes complexes en position d’expertise, celle d’un point de vue assumé comme subjectif.Finalement, si nos structures accompagnent les jeunes pour porter des projets d’ECSI, c’est pour porter un objectif de changement au niveau individuel comme collectif. L’aller-retour entre ces deux échelles est essentiel. Les connaissances personnelles doivent être mobilisées au sein du collectif, puis réintégrées par chaque membre du groupe, après avoir été débattues, prolongées, complétées.


par Etudiants et Développement et Starting-Block

Voir la tribune publiée sur le site de la Semaine