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AccueilActualitésFocusStarting-Block, une asso d'éduc pop ?

Et si vous faisiez pousser des fermes !

Journées Nationales du mouvement Terre de Liens aux CharmillesUn tout nouveau jeu sur l'installation des agriculteurs en Ile-de-France a été créé avec l'association Terre de Liens! Audrey, animatrice régionale de Terre de Liens Ile-de-France, a accepté de répondre à nos questions sur l'association, la problématique de l'accès aux terres et le développement de ce nouvel outil.

Bonjour Audrey. Terre de Liens a émergé de la convergence entre 4 réseaux d’acteurs : la finance solidaire, l’économie rurale, l’éducation populaire et l’agriculture biologique, comment tous ces mouvements se sont-ils retrouvés autour de la problématique de l’accès aux terres agricoles ?

Effectivement, ces 4 mouvements avaient chacun des préoccupations relatives à l’agriculture : préservation de la biodiversité et de l’économie rurale, agriculture durable, manger sain, lien à tisser entre les producteurs et les citoyens…En creusant la réflexion, ils ont constaté la faiblesse du nombre de nouvelles installations agricoles, notamment de la part des jeunes. Le frein majeur identifié étant l’accès à la terre avec un prix du foncier très élevé. C’est de là qu’est née l’association nationale Terre de Liens en 2003 dans la Drôme. Elle a commencé à essaimer au niveau local, aujourd’hui 19 antennes territoriales avec une identité juridique propre constituent le mouvement. Celui-ci se construit au jour le jour autour de multiples débats parce que c’est réellement une structuration horizontale où tout le monde peut participer.

Quelles actions avez-vous décidé de mettre en place pour enrayer la disparition des terres et faciliter l’accès au foncier agricole ?

On a décidé très vite de créer des outils financiers pour avoir un réel impact et favoriser de nouvelles installations paysannes. La Foncière Terre de Liens est née en 2006. C’est une structuration assez innovante car elle permet la gestion collective du foncier. Chaque citoyen peut ainsi acheter des actions qui permettent l’acquisition de fermes près de chez lui. La Foncière loue ces fermes à des paysans engagés dans une agriculture de proximité, biologique et à taille humaine. Le problème c’est que cette structure a une durée de vie limitée à 99 ans, or, nous voulons nous inscrire dans une démarche de préservation durable.

Lors de la création de Terre de Liens, l’idée de créer une Fondation avait déjà émergé. Cela n’a cependant pas été possible au début car il fallait une certaine assise en terme de notoriété, et un budget de 1,5 millions d’euros. Aujourd’hui, nous avons relevé ce défi. La Fondation a été reconnue d’utilité publique par ses deux ministères de tutelles, celui de l’Agriculture et de l’Economie Sociale et Solidaire, tout récemment, en mai 2013. Cette entité nous permet de recevoir des dons, des legs de la part de citoyens comme de collectivités ou de personnes morales. La Fondation a déjà reçu dons de 5 fermes et, grâce à sa forme juridique, lorsqu’on achète ou qu’on donne des terres à la Fondation, c’est pour une durée illimitée. La Fondation peut ainsi garantir sur ces terres des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement à très long-terme.

Aujourd’hui, quel est votre constat sur l’accès au foncier agricole en France ?

On constate un agrandissement des fermes avec un phénomène de concentration de propriétés. L’Ile-de-France est la 1ère région productrice de céréales en France voire en Europe avec un foncier extrêmement cher qui peut aller jusqu’à 22 000 euros l’hectare de terres nues. Il est de plus en plus difficile pour de jeunes agriculteurs qui veulent s’installer en Ile-de-France de trouver des terres avec un approvisionnement en eau, un accès à la route, une bonne qualité agronomique et surtout accessibles en terme de prix.

Quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confrontés ?

Un des objectifs premiers est de conscientiser et de mobiliser un maximum de citoyens sur cette question. Notre voulons toucher plus largement que le milieu militant pour créer un véritable lien entre le rural et l’urbain. Il faut que la question de l’accès à la terre entre davantage dans le débat public et qu’on puisse influencer les politiques locales, régionales et nationales. On commence d’ailleurs à être entendu notamment au Sénat où nous avons été auditionnés.

Un jeu sur l’accès aux terres agricoles en Ile-de-France a été crée avec Starting-Block ? Est-ce dans cet objectif de mobiliser plus largement ? Peux-tu m’en dire plus sur cette collaboration ?

Effectivement, l’idée est d’interpeller les participants et de les amener à se poser des questions sur la difficulté d’accéder aux terres en Ile-de-France. Un groupe de bénévoles de Terre de Liens s’est mobilisé pour créer l’animation mais nous sommes loin d’être des spécialistes de la création de jeu et on s’est vite retrouvé assez démuni. J’ai donc proposé au groupe de faire appel à Starting-Block pour être accompagné sur la création de l’outil. Je connaissais l’association pour avoir déjà expérimenté un jeu de la ficelle lors d’une animation. L’accompagnement est allé plus loin sur l’outil et est devenu une réelle co-création. Nous allons maintenant essayer de développer d’autres formes de partenariat notamment autour de la formation.

Propos recueillis par Emilie Ouchet,

Starting-Block

A vos agendas :

Soirée Doc’Action avec Terre de Liens pour tester le jeu le 10 février. Plus d'infos en cliquant ici.

Soirées découverte de Terre de Liens le 31 janvier (Paris 19e) et le 13 février (Montreuil) avec des projections des films "1001 traites" et « Small is beautiful ». Toutes les infos sur le site de Terre de Liens