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Cartographie de l'EADSI

Intervention de Pascal Canfin, ministre délégué au développement lors de la présentation de l'étude sur les acteurs de l'EADSILes résultats d'une étude* sur les structures de l'EADSI en France ont été présentés le 27 juin dernier au ministère de l'Agriculture. Nous y avons retrouvé une partie de nos réflexions et questionnements.

Photo : Intervention de Pascal Canfin, ministre délégué au développement lors de la présentation de l'étude sur les acteurs de l'EADSI

L'étude constate que les actions menées ces dix dernières années par les associations de solidarité internationale se sont centrées principalement sur la structuration et le renforcement du secteur lui-même : professionnalisation, amélioration de la qualité, expérimentations, mise en réseau, coordination.

Les jeunes et le « tout public » restent des cibles prioritaires mais l'augmentation des actions à destination des élus et des administrations illustre une évolution générale de l'EADSI qui cherche non seulement à sensibiliser les citoyens aux enjeux mondiaux mais également à interpeller les décideurs en vue de changements de politiques.

Certaines spécificités françaises ont été mises en avant par l'équipe de consultants belges en charge de l'étude :
- Le rôle de plus en plus important des collectivités territoriales
- L'existence d'un cadre formalisé au niveau ministériel (pour l'Education Nationale, l'EAD est définie comme une éducation transversale clairement associée et complémentaire de l'éducation au développement durable)
- Un nombre de plus en plus élevé d'associations d'éducation populaire et de jeunesse qui investissent la réflexion sur la solidarité internationale et le développement
- Une volonté forte d'articuler la réflexion et les pratiques d'EAD avec les acteurs du Sud en veillant à développer une relation de réciprocité

L'étude émet aussi des recommandations, notamment sur la nécessité de faire évoluer le cadre conceptuel de l'EAD en lien avec les enjeux contemporains : « D'une éducation sur le Sud des années 60, on parle aujourd'hui de plus en plus d'éducation pour une citoyenneté mondiale, en mettant en avant les interdépendances entre ce qu'il est convenu d'appeler « les pays du Sud » et « les pays du Nord » les différentes zones du monde. Ainsi, la question principale n'est plus le comment être solidaire avec les pays du Sud mais aussi le comment contribuer, par la sensibilisation et l'éducation, à la construction d'une société plus juste qui intègre de manière articulée sa dimension internationale et ses spécificités locales. » On croirait lire la charte du réseau Sens, non ?

Selon l'étude, une réflexion devrait également être menée sur les publics et leur diversification. Il s'agit d'éviter que nos actions ne s'adressent qu'aux « convaincus », et de pouvoir s'approcher de groupes sociaux plus sceptiques ou moins intéressés par les questions internationales.

Pour les auteurs, l'enjeu est de mieux appréhender les nouvelles formes d'engagement et de mobilisation citoyenne. Cela peut se faire en collaborant avec des acteurs comme les syndicats, les entreprises soucieuses de leur responsabilité sociale, les mouvements émergents de jeunes, ou encore les associations de consommateurs.

Cela passe par la recherche d'une cohérence entre le discours promu par l'EADSI et le vécu quotidien des gens, par davantage de liens entre échelle locale et internationale, et par l'utilisation de modes d'expression créatifs, qui permettent la construction d'opinions pluralistes et suscitent l'engagement. Là aussi, on est très proche des réflexions sur la citoyenneté active menées par Starting-Block et les associations de son réseau.

Enfin, la cartographie insiste aussi sur l'importance des démarches d'évaluation et de capitalisation, en tant que sources d'apprentissage. Au-delà des principes philosophiques, les associations de solidarité internationale doivent mieux valoriser leurs actions, peut-être en travaillant davantage avec des chercheurs et des acteurs d'autres domaines.

Mais l'étude montre clairement que la balle est aussi du côté des pouvoirs publics. Tant qu'il n'y aura pas de volonté politique assumée en leur faveur, les actions d'EADSI ne pourront se développer de manière forte. L'EADSI souffre d'un manque de cadre stratégique global, de portage politique et de financement. Elle doit cesser d'être perçue comme une matière marginale dans la coopération au développement. On attend donc la suite !

Amélie Nicaise, Starting-Block

* La synthèse de cette étude commanditée par l'AFD est disponible sur le site d'Educasol. Starting-Block fait partie des structures étudiées dans cette cartographie, puisque, depuis 2006, elle fait partie des associations financées par le Ministère des Affaires Etrangères (et depuis 2009, par l'Agence Française de développement) au titre de l'éducation au développement.

Voir l'article sur la restitution de la cartographie publié sur le site d'Educasol