Navigateur incompatible avec le site Starting Block
Conteneur global
Fil d'ariane
AccueilActualitésFocusLe tutorat Handivalides à Palaiseau... Un petit tour et puis s'en va ?

Aux côtés des femmes du Guatemala

Nico et Elsa en compagnie d'une femme de la communauté PinpinAncienne startienne, Elsa est partie avec son ami Nico en volontariat au Guatemala. Elle a répondu à nos questions !

Comment vous est venue l'idée de ce voyage ?

Ce projet de couple est surtout né d'une envie de découvrir une culture, un autre rapport à la Terre et à l'Homme, mais aussi d'une envie de nous découvrir nous-mêmes. Nous avions depuis longtemps ce souhait de vivre un an aux côtés de familles paysannes d'Amérique Latine. Nous sommes militants depuis quelques années du CCFD-Terre Solidaire, et ce voyage était aussi l'occasion de découvrir la réalité de partenaires de l'association.

Quelles étaient vos "missions" là bas?

Nous avions chacun une mission : Nico travaillait comme animateur agricole auprès de la Red Kuchub'Al, un réseau de production, de transformation et de commercialisation de produits agroécologiques. L'idée était d'appuyer 3 associations de paysans sur le thème de l'agriculture biologique et de l'agroécologie (production d'engrais organique, parcelle de démonstration, projet de méthanisation, etc).

Pour moi, la mission était de renforcer la participation dans les groupes de femmes des communautés. La « red de mujeres », réseau des femmes dans lequel je travaillais, est un espace de "conscientisation". Il permet à celles-ci de se former, de connaître leurs droits, de les revendiquer. Elles participent ainsi à la vie citoyenne de leur communauté.

Les leaders du réseau des femmesQuelle est la situation des femmes dans la région où vous étiez ?

Au travers des moments partagés au lavoir ou autour d'une marmite, j'ai découvert la réalité de la vie des femmes guatemaltèques. Mariées (pour certaines de force) à 15 ans, elles ont un premier enfant l'année qui suit, une dizaine d'enfants par femme dont plusieurs non désirés, avec un appauvrissement économique à mesure que le nombre d'enfants augmente... Le quotidien des femmes ici se passe entre le lavoir avec des piles de linge, la cuisine, les enfants, les animaux à nourrir, la vente des récoltes au marché... La femme est seule à assumer toutes ces tâches entre 5h du matin et 21h.

La pauvreté, le nombre important d'enfants par famille, le manque de communication et de partage des tâches dans le couple font partie des maux qui affectent particulièrement les femmes des communautés.

Quelles sont selon vous les principales difficultés rencontrées par le Guatemala et les communautés mayas aujourd'hui ? Les grands défis à remplir ?

En vivant dans ce pays, nous avons touché du doigt son incohérence totale : celle d'une richesse culturelle, naturelle et humaine abondante, ancrée dans la culture Maya, et celle d'une pauvreté économique, d'une malnutrition chronique, et du progrès de la néo-colonisation de la part des Etats-Unis, de l'Europe et de la France. Les mines et l'extraction de l'or exercent aujourd'hui un attrait puissant sur les populations, mais les répercussions ne sont quant à elles malheureusement pas souterraines. Elles sont même dramatiques pour une majorité de personnes vivant du travail de la Terre : pollution de l'eau, donc destruction de l'environnement, de la santé humaine, expropriation de familles, perte d'emplois, confiscation des ressources naturelles, etc.

Les femmes de la communauté Pinpin vendent des confitures à la foire paysannePeux-tu nous donner un exemple de ce que vous avez pu apporter là-bas ?

Dans notre communauté Pinpin, nous voyions des « sauco », des petits fruits tombés au sol qui pourrissaient car personne ne savait comment les consommer. Sur une idée de Nico, j'ai transformé ces fruits en confiture et j'en ai apporté un petit pot à chaque voisine. Les femmes ont été étonnées du résultat, et elles ont voulu elles aussi fabriquer et manger cette confiture.

Quelques semaines plus tard, le groupe des femmes de Pinpin était bien formé sur le procédé de fabrication et vendait ses propres pots à l'église et aux foires paysannes. La fierté des femmes montrant leurs confitures se lisait sur leurs regards !

Propos recueillis par Amélie Nicaise, Starting-Block