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« Les étudiants doivent s’investir sur la thématique du handicap »

Le brunchstorming sur l'inclusionA priori, on est tous d'accord avec ce principe. Pourtant quand on en parle aux premiers intéressés, il y a des « réponses qui piquent »... Les participants à l'atelier brunchstorming du CyFoH, qui préparent un guide de l'accessibilité à destination des association étudiantes, ont tenté d'aller au-delà de ces idée reçues.

Idée reçue numéro 1 : Ce n'est pas nécessaire qu'on s'investisse car sur notre campus, il n'y a pas d'étudiant en situation de handicap.

Euh, comment le savoir ? La plupart des handicaps sont invisibles...

Et puis, mieux vaut être proactif et être prêt le jour où un-e étudiant-e handicapé-e arrivera dans son établissement. Surtout que les jeunes en situation de handicap sont attentifs à cet aspect quand ils choisissent leur lieu d'étude : le fait de sentir que l'établissement a réfléchi à cette question les encouragera à le rejoindre !

Enfin, on a constaté souvent que les dispositifs mis en place pour répondre à un besoin rencontré par les personnes en situation de handicap sont finalement bénéfiques à l'ensemble de la population. La rampe sert aux parents avec poussette, l'ascenseur à celui qui s'est cassé la jambe au ski, une communication plus précise à tous les étudiants pour s'y retrouver dans la fac...

Idée reçue numéro 2 : C'est à mon établissement de bouger pour se rendre accessible !

Bien sûr ! Mais les étudiants peuvent être force de proposition et une administration d'université ou d'école sera d'autant plus motivée à mettre en place les dispositifs nécessaires qu'elle sent les étudiants attentifs à cette thématique.

En plus, souvent, les étudiants ne sont pas au courant de ce que fait l'établissement. Parfois, l'existence d'un référent handicap, par exemple, n'est pas directement visible, ou celui-ci ne sait pas comment s'adresser aux étudiants. Il est donc important de toujours se renseigner et de travailler de manière complémentaire avec l'administration de son établissement, chacun ayant des leviers d'action et des responsabilités propres.

Ainsi, si l'établissement doit s'occuper de rendre les locaux ou les examens accessibles, pour ce qui est des activités du Bureau des Elèves, par exemple, charge aux étudiants d'y veiller !

Idée reçue numéro 3 : L'accessibilité universelle, ce n'est pas possible car on ne peut pas prévoir toutes les situations et tous les handicaps.

Vaste débat ! Dans tous les cas, concrètement, il y a un juste équilibre à trouver entre le système D (comme débrouille), où l'étudiant handicapé dépend du bon vouloir de ses camarades, et un cadre trop rigide, qui ne laisse pas de place aux choix personnels, à l'improvisation et aux relations humaines spontanées...

Un exemple concret : le concert. C'est une bonne chose que les salles de spectacle soient accessibles et proposent aux personnes à mobilité réduite des places adaptées, à des endroits bien spécifiques, où elles peuvent suivre le concert dans de bonnes conditions. Mais n'ont-elles pas aussi le droit de se mettre ailleurs, si elles en ont envie ?!

Idée reçue numéro 4 : On ne peut pas accueillir tous les handicaps dans une asso étudiante !

Le recrutement dans une association ne se fait pas en fonction du handicap. Comme pour tout un chacun, il s'agit pour l'étudiant handicapé d'adhérer à un projet associatif (qui lui plaît, le motive) et de pouvoir remplir une mission précise en lien avec ce projet. Chaque asso doit être ouverte à tout nouvel adhérent, mais on peut aussi accepter que, parfois, cela ne marche pas. Les personnes handicapées n'attendent pas un traitement de faveur !

Idée reçue numéro 5 : Les actions sur le handicap, c'est stigmatisant pour les personnes handicapées !

C'est vrai que concrètement on préférerait parfois ne pas avoir à en parler. Mais le fait est que, dans notre société, il subsiste une véritable méconnaissance du handicap. Beaucoup de préjugés et de peurs peuvent être facilement levés grâce à la sensibilisation.

Ceci dit, il faut reconnaître que ce n'est pas parce qu'on est en situation de handicap qu'on a nécessairement envie de s'engager sur cette thématique ou d'en parler au quotidien. En plus, étant donné la diversité des handicaps et des situations de handicap, une personne handicapée n'est pas pour autant une spécialiste de la question (si spécialiste, il y a !). Les personnes handicapées elles-mêmes peuvent avoir envie d'être sensibilisées à d'autres types de handicap qu'elles ne connaissent pas.

Les personnes handicapées sont les mieux placées pour connaître leurs besoins réels et faire entendre leurs voix. Mais surtout, chacun doit prendre ses responsabilités.

Amélie Nicaise, Starting-Block