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Développer des animations numériques

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Développer des animations numériques

 

 

Lorsque l’on pense éducation populaire ou ECS on pense échange, partage, contact… Tout ce que les conditions sanitaires actuelles ne favorisent pas, en somme ! Mais nos projets, nos valeurs, la diffusion de l’ECS ne veulent pas être confinés. Heureusement, l’humanité a inventé internet, avec tous ses biais et ses défauts : problèmes de connexion, non-accessibilité aux personnes en situation de handicap, 15 minutes de « Allo Patrick ? On ne t’entend pas ? Germaine peux-tu couper ton micro ? » ponctuées de grands moments de solitude face une audience bien silencieuse.

 

Comment favoriser alors la continuité de nos pratiques et faire de l’ECS ludique, inclusif et participatif ?

Cet article n’a pas pour intention de vous donner toutes les réponses aux questions que vous vous posez mais plutôt de vous montrer que l’on peut faire de l’ECS en ligne et éviter (un petit peu du moins) que tout le monde s’endorme. On va d’abord partager des petits conseils pour ensuite vous parler d’outils d’ECS que nous – ou d’autres - ont développés.

 

Les p’tits tips :

- Des logiciels accessibles et les plus respectueux de tes données tu utiliseras

Les exemples ne sont pas des plus nombreux, mais on peut tout du moins tendre vers plus d’inclusion et de confidentialité. On peut citer les outils libres comme les outils de framasoft, Big Blue Button qui est un outil de visio-conférence qui comporte beaucoup de fonctionnalités (création de salons privés, projection de présentations, sondages…) ou encore colibris ou mixed pour faire des post-its. Ces outils sont tous accessibles aux personnes en situation de handicap visuel utilisant un logiciel de synthèse vocal.

 

- L’accès aux plateformes et la fatigue du public, tu prendras en compte

Alors que les actions en présentiel nécessitent peu de préparation en amont pour les participants et participantes, les actions en ligne requièrent plus d’informations et de temps de tests au préalable de l’animation. On peut donc écrire un mail récapitulant l’équipement ou la connexion nécessaire pour participer au temps d’animation, de formation et de travail et proposer des temps de test d’accès à la plateforme de visioconférence utilisée avant le jour J.

On sait également qu’il est plus difficile (pour tout le monde) de rester concentré sur des activités lorsqu’on est devant un ordinateur. Nous conseillons donc de prévoir des temps d’animation ou de formation plus courts ou des pauses plus régulières. Les temps d’animation doivent aussi être prévus à la hausse, la participation étant moins aisée pour le public en ligne et les différents moments de passage d’une activité à une autre (et donc parfois d’une plateforme à une autre) pouvant être moins fluides qu’en chair et en os.

 

- Aux problèmes de connexion, tu te prépareras

Georgette qui n’arrive pas à trouver le bouton du micro, Paul qui n’entend pas, Jean-Eugène qui ne retrouve plus le lien et les identifiants de connexion… Nous ne sommes pas toutes et tous rodés au numérique, notamment lorsque l’on utilise Zoom pour le travail, Skype pour la famille et Big Blue Button pour le perso. En présentiel comme à distance, il est nécessaire de prendre un temps pour accueillir les participants et participantes et s’assurer que tout le monde est à l’aise et attentif ou attentive. Il faut également prévoir un petit temps de prise en main de l’outil pour les personnes qui ne le connaissent pas. En ligne, il faudra plus qu’en présentiel laisser la place aux imprévus et à la mise en place de l’animation et de ses différentes activités.

A Starting-Block nous prévoyons entre 15 et 30 minutes pour tous ces petits problèmes pour que le programme pédagogique ne soit pas trop impacté. Nous prévoyons également toujours une animatrice ou un animateur quasi-entièrement dédié aux aspects logistiques et numériques (régler les problèmes de connexion, créer des salons privés, envoyer les liens des différentes plateformes pour les activités, gérer le temps…).

En prévision de difficultés d’accès technique, on peut également proposer plusieurs plans et hypothèses, en préparant une trame d’animation flexible et modulable. On conseille, comme en présentiel, de bien tester l’outil en amont de l’animation. D’une part, pour avoir une meilleure prise en main, et mettre en place les éléments de l’animation. D’autre part, de nombreux outils ont une version gratuite et une autre payante, cette dernière permettant de faire participer un plus grand nombre de personnes, de réaliser plus d’activités en profitant de plus d’options. Il faut donc bien vérifier avant que la version gratuite peut accueillir le nombre de participants et participantes que vous avez prévu ainsi que les fonctionnalités souhaitées.

 

- Des energizers et outils d’interconnaissance adaptés tu trouveras

Comment générer de la participation et de l’interconnaissance en ligne ? Nous sommes nombreux et nombreuses à s’être arraché les cheveux sur cette question. Le tout est - comme dans toute animation - de s’adapter à son public : nombre, temps disponible, timidité réelle ou supposée, équipement informatique des participants et participantes… On privilégiera les outils d’interconnaissance courts pour les grands groupes ou des temps d’interconnaissance en petit groupe sans mise en commun (sauf si vous avez quatre heures devant vous!). On utilisera micro et caméra si les conditions matérielles des participants et participantes ainsi que la bande passante le permettent. On mobilisera le corps et le mouvement pour un groupe impliqué et volontaire, pour redynamiser le public et faire remonter l’énergie vers la boîte cranienne.

On peut vous citer quelques exemples de classiques : un blindtest de chansons engagées ou non ou une balle à thèmes (une personne doit donner un mot [en chat ou par micro] en 5 secondes max sur la thématique définie puis doit nommer une autre personne qui prend la suite jusqu’à ce que toutes sauf une soit éliminées ou que le temps imparti soit écoulé).

On pense aussi à ceux-là :

  • - Le jeu du bateau : “Toutes celles et ceux qui comme moi…” en version numérique. Il s’agit de trouver un signe caractéristique qui nous est propre (ex : “je porte des lunettes” = mimer une paire de lunettes). Les personnes concernées le miment aussi, celles qui ne sont pas concernées sortent du cadrage.
  • - Les trois mots : Les personnes sont invitées à écrire trois mots sur des post-its numériques, les premiers qui leur viennent à l’esprit. Il s’agira de raconter une histoire avec les mots de tout le monde. Une personne prend la parole, choisi un mot et le place à la suite du précédent etc.
  • - …

- La prise de parole, tu prévoieras

Avec micro ou sans micro, caméra ou pas, prise de parole libre ou « mains levées »… Tout animateur et animatrice a ses petites préférences. On ne saurait donc vous imposer les nôtres. On peut quand même insister sur le fait qu’en présentiel mais encore plus en numérique, la prise de parole, ça se prévoit. Pour éviter que ce ne soit la pagaille, pour favoriser l’inclusion et la participation de toutes et tous, pour empêcher que l’on s’endormir sur son clavier… Ce sont autant de raisons qui poussent à s’interroger sur les méthodes de prise de parole, en pensant toujours au public que l’on a de l’autre côté de l’écran. De nombreux logiciels proposent divers moyens pour le public de participer : « mains levées », « état émotionnel », chat, micro, vidéo, vous avez l’embarras du choix !

On peut également, pour favoriser la participation, organiser des temps en sous-groupes pour des réflexions et discussions entre 2 et 5 personnes pour une mise en commun par la suite. Quelques sites permettent cette fonctionnalité, comme Zoom ou Big Blue Button par exemple.

 

- Des outils numérisés, tu créeras

Pour finir en beauté, la question épineuse de l’adaptation des outils à une animation en ligne se pose. Certains outils de visualisation, de débat ou encore de quiz peuvent être facilement adaptables en ligne sans avoir suivi une formation d’ingénieur en informatique. Sans révéler toute notre botte secrète, on peut citer quelques plateformes numériques (payantes et gratuites) qui peuvent être utiles lors de l’adaptation de votre trame, comme mixed, metro retro et mural entre autres. Pour que cela soit plus fluide, nous allons tout simplement vous donner des exemples d’outils que nous avons adapté, vous pouvez nous contacter pour y avoir accès.

  • Le pas en avant : une animation simple et tout public qui aborde les questions des représentations. Elle permet de matérialiser visuellement une réalité plus ou moins abstraite et de faire prendre conscience des inégalités. En incitant les joueurs à se mettre dans la peau d’un personnage, elle a pour finalité de susciter la discussion autour d’une thématique choisie et de déconstruire des stéréotypes et des préjugés qui peuvent être répandus parmi les participants. En version à distance, chaque joueur et joueuse matérialise son avancée via un document collaboratif.

  • Le débat mouvant ou le jeu de positionnement : un outil pour questionner ses représentations, construire un savoir collectif et renforcer son esprit critique. Les participants et participantes doivent créer un post-it à leur nom et se situer dans l'espace virtuel en fonction de leur position. L'animateur ou l'animatrice peut écrire chaque phrase du débat sur le tableau, avec plusieurs post-its de positionnement (« d’accord »/ « pas d’accord » ; « A »/ « B »/ « C »). Cela peut être couplé avec des sous groupes sur le logiciel de visio-conférence que vous utilisez pour permettre la discussion en petits groupes.

  • La timeline : un jeu pour réfléchir à la temporalités des droits, lois, évènements, liée à une thématique (handicap, droits des femmes, droit à la liberté d’expression et de manifestation…). Il s’agira pour l’animateur ou l’animatrice de diviser le public en sous-groupe de 3 à 5 personnes pour qu’il puisse réfléchir par l’échange au placement des différents évènements sur une frise chronologique, avant une mise en commun doublée d’une correction collective.

  • La walking gallery : un mini-musée qui permet de remettre en question ses représentations et s’informer sur la thématique choisie. Peuvent y figurer dessins, photos, images, caricatures, textes, vidéos, podcasts… Tout ce qui peut inspirer et informer ! C’est une activité que le ou la participante réalise en autonomie, en consultant les différents documents. Ils et elles partagent ensuite un ou des documents qui les ont inspiré, étonné, choqué ou autre pour engager une discussion collective sur la thématique ou aboutir à la définition d’un terme plus précis.

  • L’Eco S’cape (outil créé par le REFEDD) 1: La planète a besoin de vous! Plongez dans le monde de demain, une quête vous y attend. A travers différentes missions, et énigmes à résoudre… Découvrez de nouvelles façons d'agir en faveur d'une société durable et respectueuse de l'environnement. Attention gardez bien à l'esprit qu'en sortir gagnant n'est pas suffisant, c'est l'appliquer dans son quotidien qui sera une vraie victoire !

Et maintenant à vos souris !:)