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Des outils d’éducation aux médias et de développement de l’esprit critique créés par l’association Demain nos enfants !

Sur la scène médiatique,  Comment identifier ce qui a valeur d’argument? Comment réfléchir par soi-même au monde, développer son esprit critique...  et autocritique!

Nombreuses sont les stratégies fallacieuses utilisées pour convaincre son auditoire. Pouvoir les identifier et prendre conscience de leurs mécanismes, c’est aussi se donner la possibilité d’y répondre et de s’émanciper de leur apparente logique.

 

 Pour nous aider dans cette tâche, Demain nos enfants (DNE) – dont vous trouverez une présentation dans un article annexe – a heureusement créé de supers outils d’ECSI.

 

Zoom sur ces différents ateliers avec la présidente de l’association, Marthe Lemelle.

 

Peux-tu nous parler des différents outils que DNE a élaborés sur la thématique d’éducation aux médias ?

 

Oui, bien sur! A l’origine de la création du jeu de la Battle de mauvaise foi a été permis via le soutien d’Educasol.  Il s’agissait  de  favoriser une démarche transversale  d’ECSI et de développement personnel. En effet, si il  s’agit tout autant d’identifier  et décrypter les arguments fallacieux des autres,  que d’une démarche d’introspection pour conscientiser ceux que l’on utilise soi même, consciemment ou non! Deux approches qui nous semble devoir être menées de pair afin de développer une pensée sensible et complexe  pour faire face aux enjeux de sociétés actuels!

 

Les erreurs et illusions de la connaissance sont multiples ! Dans  « les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur »  Edgar Morin souligne  combien il est étonnant qu’à l’école, nous apprenions si peu  pas à connaître l’outil avec lequel on pense…Comment sait on que l’on sait?  Et comment agir face  à l’incertitude et à la complexité des situations auxquelles nous faisons face?

Les outils et animations de DNE explorent donc ces 7 savoirs en commençant par le premier : s’outiller face  aux erreurs et illusions de la connaissance! Dans cette axe des ateliers de désintoxication de la langue de bois, sur les biais cognitifs, les argumentations fallacieuses via la Battle de mauvaise foi et de réparties affinent notre discernement et notre capacité d’introspection.

 

Est-ce que tu pourrais m’en dire plus sur les temps forts et l’organisation de la battle de mauvaise foi ?

 

Plusieurs étapes se succèdent  au sein de cette Battle qui peut aborder différents enjeux de société actuels qui font clivage dans le débat public : les inégalités, la croissance, la décroissance, l’alimentation, les migrations,  l’écologie, la laïcité …

 

Après un brise glace,  le jeu démarre par un petit café philo : de quoi parle-t’on lorsque l’on parle de mauvaise foi? Les définitions sont multiples et il s’avère que quand on parle de mauvaise foi , on pointe surtout celle des autres ! Puis nous nous penchons  sur la validité d’un argument au sens de la logique, en s’inspirant de la pensée Socratique qui fonde sa philosophie sur la critique impitoyable des opinions humaines. Plusieurs  sous groupes  découvrent chacun  le mécanisme de quelques  argumentations fallacieuses les plus couramment utilisées : faux dilemme, pente fatale, technique de l‘épouvantail, généralisation abusive, appel à l’autorité, ou à la nature, etc

 

Chaque groupe a à sa disposition des exemples d’affirmations et argumentations issues des médias et réseaux sociaux collectés  en amont par l’équipe de DNE et l’aide de jeunes journalistes. Les paroles  d’acteurs politiques, de la société civile mais aussi de tout un chacun sont ainsi soumises à notre capacité de discernement.

 

Dans la troisième étape d’arpentage,  les participants et participantes  sont séparés en deux groupe et chacun d’eux se voit remettre un article qui défend un point de vue opposé sur un même sujet. Chaque groupe va devoir s’inspirer des faits et arguments, de bonne foi ou de mauvaise foi présentés par l’article et en créer d’autres qui lui semble opportuns pour défendre  l’opinion que l’article promeut. Cet exercice de distanciation affine la capacité des participantes et participants à endosser les points de vue  et  argumentations de personnes bien qu’il ou elle ne partage pas forcément !

 

La Battle commence,  dans une forme pouvant s’apparenter à un débat mouvant. Deux participants de chaque groupe montent sur scène! Lors du face à face, le reste des participants forme le public qui écoute ce que les orateurs et oratrices disent. Dès qu’une personne dans le public identifie un argument fallacieux dans la Battle, il ou elle l’arrête en criant  « Bingo, argument de la pente fatale » ou « Bingo argument du faux dilemme », etc. Une discussion collective s’engage pour savoir si cet argument illustre bien le mécanisme identifié. Si le raisonnement s’avère fallacieux, l’orateur ou l’oratrice qui l’a avancé sort de scène et un autre membre de son équipe peut ainsi venir le ou la remplacer, et ce jusqu’à ce que tous les arguments fallacieux étudiés au début aient été identifiés.

 

Une fois la Battle terminée, une phase de débriefing  est initiée, tout aussi importante que les phases précédentes. Echanges de ressentis, rapport d ‘étonnement face à nos difficultés à argumenter, à répéter ce que l’on a entendu dire sans en connaitre chercher les sources ou avoir chercher nous-même un peu plus loin,  à observer  les stratégies de domination conscientes ou inconscientes qui nous font manipuler les autres ou être manipulé ! 

 

Suite à ce premier atelier, un atelier d’entrainement à la répartie est proposé. Il permet d’exercer notre prise de parole et notre capacité de répartie. Il s’agit aussi d’approfondir nos argumentations sur un sujet et de conscientiser son point de vue situé, de savoir prendre du recul mais aussi savoir rebondir face à des positions par trop dogmatiques ou agressives. Différentes approches sont testées actuellement. Des formes de world café permettent de découvrir différents mécanismes de réparties puis de s’entraîner à  la répartie pour contrer des opinions et arguments fallacieux. Une autre forme de jeu de rôle, le théâtre forum, est en cours. Une saynète qui reprend la forme d’un débat télévisé est jouée avant les participants et participantes. Ceux-ci observent le contexte, les faits et les argumentations des uns et des autres ! Puis ils vont pouvoir venir prendre  la place de celui ou celle dont il elle aimerait défendre le point de vue.  Il ou elle pourra ainsi tester sa capacité de réparties et tenter de  faire avancer le débat.

 

Dans nos parcours, nous proposons aussi des approches créatives, des enquêtes conscientisantes, des ateliers d’écriture collectifs et pièces de  théâtre documentés avec la compagnie le Double des clefs, mais aussi des cafés philo et de  l’auto médiation via la création multimédia et d’émissions radio avec Radio raptz. Ces ateliers et évènements permettent aux participantes et participants de restituer leurs expériences et point de vue auprès d’un plus large public comme cela a été le cas par exemple au musée de l’immigration dans le cadre du festival contre le racisme ou au festival d’éducation populaire « Poussons les Murs »  à Montreuil avec le collectif S’allier et agir, deux parcours auquel Starting Block a aussi été invité à participer.

 

Notre volonté de créer des parcours sur une temporalité plus longue favorise plus facilement que des ateliers ponctuels des ouvertures et changements dans nos représentations et comportements. Si l’ECSI permet de conscientiser la complexité du monde actuel et des rapports d’intérêts qui s’y confrontent, le développement de l’esprit critique et autocritique permet de s’y situer et tenter de mettre en accord ses paroles et ses actes.

De Battle de mauvaise foi nous tenterons donc de cheminer vers des Battle de bonne foi, via des ateliers d’écoute positive et de communication assertive et bienveillante qui deviennent les garants d’un dialogue qui va et voit au-delà des pensées surplombantes, simplistes et réductrices.

 

Et au niveau du public ?

 

Nos outils sont plutôt destinés à  des public de lycéens , étudiants et adultes bien qu’elles puissent  aussi se décliner auprès de collégiens sur des sujets auxquels ils sont confrontés au quotidien : sentiments d’injustice , de discriminations parexemple.

 

J’avais aussi trouvé les outils que l’on avait testé sur les fake news super intéressants…

 

Oui! Du fait de notre vulnérabilité face à l’agenda médiatique, à l’infobésité et la viralité des rumeurs, nous proposons  des ateliers plus axés spécifiquement sur l’éducation aux médias et sur ce que l’on nomme  communément « les fake news et théories du complot. ». Béatrice Grandhay, jeune journaliste bénévole à DNE  co-développe ces ateliers en vue d’un projet de tour d’Europe en van auprès de publics jeunes pour l’année 2021-2022. DNE l’accompagne dans ce projet qui a pour objectif  tant d’affiner notre clairvoyance sur les mécanismes des fake news que de déjouer les accusations de tout bord car il est aisé, comme pour la mauvaise foi, d’accuser les autres de colporter des fake news que de s’en avouer porteur!

 

Nous désirons créer des synergies et transversalités, tant de compétences que de publics avec d’autres associations et collectifs citoyens. C’est important pour nous de régénérer nos propres pratiques d’ECSI afin de créer des espaces de débat démocratiques où la conflictualité se vit comme un creuset d’émancipation et de transformation pur une justice sociale  et écologique au service du bien commun. C’est une recherche de congruence afin de renforcer tant la capacité d’agir de nos publics que la notre en tant qu’acteur associatif - afin de trouver de nouvelles  formes d’organisation où nous aussi – porteurs de solidarité - nous faisons émerger d autres façon de penser et de faire !

 

Merci beaucoup Marthe ! On a hâte de tester tous ces nouveaux outils…