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Le festival ALIMENTERRE, c'est parti !

Plus que quelques jours avant le lancement du Festival ALIMENTERRE ! Pour l'occasion, nous avons interviewé Aline Dehasse, co-réalisatrice du documentaire "La Era del Buen Vivir".

Du 15 octobre au 30 novembre, sept films documentaires sélectionnés par le CFSI (Comité Français pour la Solidarité Internationale), seront projetés en France, en Europe et en Afrique de l'Ouest. L'objectif : créer des débats et sensibiliser le grand public aux enjeux Nord-Sud de l'agriculture et de la l'alimentation, et aux conséquences environnementales et sociales de nos modes de consommation.

Pour voir toutes les bandes-annonces et les dates des projections, rendez-vous sur le site du festival

Starting-Block est relais du festival ALIMENTERRE en Ile de France et via les associations étudiantes du Réseau SENS et y organise plusieurs projections-débats. Par exemple, une projection des "moissons du futur", le nouveau film de Marie-Monique Robin, (Le monde selon Monsanto, Notre poison quotidien), suivie d'un débat avec la réalisatrice ! Ce sera le 26 octobre à la salle Jean Dame, métro Sentier.

Mais avant cela, nous vous invitons à une action flash mob pour le lancement de la campagne, lundi 15 octobre à 12h30. Rendez-vous à la fontaine Saint Merri, à côté de Beaubourg, pour un pique-nique à la sauce ECS !

Bon festival !

Interview d'Aline Dehasse, co-réalisatrice du film "La Era des Buen Vivir", sélection du festival ALIMENTERRE 2012 :

Aline et Jeroen sur le tournage de La era del buen vivir

La Era del Buen Vivir est l'un des films qui sera projeté partout en France dans le cadre du festival ALIMENTERRE. Ce documentaire, co-réalisé par Aline Dehasse et Jeroen Verhoeven, raconte l'histoire de Mayas d'aujourd'hui. Après 500 ans de colonisation et une guerre civile sanglante, ceux-ci font face à la globalisation de la société de consommation, à des difficultés d'accès à la terre, au pillage des ressources naturelles et aux impacts du réchauffement climatique.

Mettant en pratique leur définition du développement, bien loin des conceptions imposées par l'Occident, ils construisent leurs propres solutions pour demain.

Bonjour Aline ! Comment t'est venue l'idée de ce film ?

Entre 2000 et 2006, j'ai séjourné plusieurs fois au Guatemala en tant que volontaire au sein de diverses organisations locales, en milieu rural et indigène, notamment dans le cadre de projets avec l'association belge Quinoa. J'ai ressenti le besoin de transmettre ce que j'avais découvert et appris auprès des populations indigènes Mayas. Plutôt que de parler de ce qui va mal au Guatemala (ce qui est le cas en général car les problèmes y sont nombreux), j'avais envie de mettre en avant des alternatives et des solutions. Bref, de l'espoir.

Quels sont les messages principaux du film ?

Nous avons voulu montrer que la culture Maya est porteuse d'une sagesse qui peut nous inspirer pour construire un système et un mode de vie plus durables, notamment sur le plan alimentaire, agricole et écologique. Malheureusement, sous l'influence de la mondialisation et de la société de consommation, celle-ci se perd et, avec elle, tout un mode de vie, des connaissances et des savoir-faire, notamment en ce qui concerne le travail de la terre. Cependant, des citoyens et des associations du Guatemala font revivre ces traditions et mettent en place des alternatives de développement et d'autonomie alimentaire.

Concrètement, quelles sont les difficultés principales rencontrées par les Mayas aujourd'hui ?

Les problèmes sont hélas nombreux. En vrac, on peut parler de :
- l'inégalité dans la répartition des terres cultivables et la difficulté d'accès à la terre pour les petits paysans
- l'exploitation et le pillage des ressources naturelles par des entreprises nationales ou étrangères, avec un énorme impact social et environnemental : exploitation minière, mégabarrages hydroélectriques, monocultures pour la production d'agrocarburants, déforestation...
- la perte de l'identité culturelle, des savoir-faire traditionnels, des liens communautaires
- l'impunité après le conflit armé qui a décimé le pays pendant presque 40 ans
- la violence (criminalité commune, narcotrafic, répression politique...)
- la violence contre les femmes et les inégalités hommes-femmes

Pourtant la Era del Buen Vivir est un film résolument positif. Quelles solutions sont envisageables ?

Il faut voir le film pour des pistes de solution. Nous y avons mis en avant plusieurs initiatives concrètes. Il s'agit de projets qui favorisent la solidarité collective et communautaire, du développement de l'agroécologie et de l'agriculture paysanne pour l'autonomie alimentaire et les marchés locaux, de la production de semences indigènes par les paysans et des échanges de semences entre eux... Mais pour vraiment changer les choses, il faut aussi passer par des changements structurels aux niveaux économique et politique, qui sont plus difficiles à atteindre!

Tu as entraîné ton compagnon, Jeroen, dans cette aventure. Quels sont vos meilleurs et pires souvenirs liés à ce projet ?

Malgré nos nombreux contacts locaux, le tournage n'a pas toujours été facile, notamment à cause de l'insécurité qui règne dans le pays. Souvent, par exemple, on n'osait souvent pas sortir la caméra dans les espaces publics. On a donc dû se priver de filmer des images qu'on aurait vraiment voulu montrer !

Les meilleurs souvenirs, c'est quand on est retournés au Guatemala pour montrer le film. C'était émouvant de sentir combien les gens étaient heureux de voir qu'on ne les avait pas oubliés, qu'on revenait leur montrer le résultat du projet et le mettre à leur disposition.

Lors des projections débats, comment le public réagit-il au film ?

Les réactions sont plutôt bonnes. Les gens nous disent souvent que ça leur fait du bien de voir un film positif, qui ne fait pas que dénoncer des problèmes et qui donne de l'espoir. Parfois certaines personnes nous disent justement qu'il est trop « positif » par rapport à la situation du Guatemala dans son ensemble. C'est vrai mais c'était notre parti pris de départ. Nous pensons en effet que l'on ne montre pas assez les initiatives positives, et en particulier quand il s'agit du Guatemala.

Avec le succès rencontré par La Era del Buen Vivir, avez-vous un projet de nouveau film ?

Pas pour le moment. La Era del Buen Vivir, c'était vraiment un projet « coup de cœur ». Nous ne nous considérons pas comme des réalisateurs professionnels. Aujourd'hui nous avons d'autres projets et travaillons tous les deux dans des associations de défense de l'environnement à Bruxelles. Et puis se lancer dans une telle entreprise demande un peu de moyens et surtout beaucoup de temps et d'énergie. Mais qui sait, un jour... ?

Propos recueillis par Amélie Nicaise, Starting-Block

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