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Compte-rendu de la Conférence de clôture

Comment accompagner les jeunes en situation de handicap dans leur orientation professionnelle ? Le tutorat Handivalides, observations et analyses au terme des trois premières années d’expérimentation. C’était le titre de la conférence de clôture de la campagne Handivalides 2013, pour laquelle avait été réuni un large panel d’intervenants.

Conférence de cloture de la campagne 2013
La conférence fut ouverte par Alain Hornstein, Responsable Diversité de Telecom ParisTech, l’école qui nous accueillait pour cette dernière journée Handivalides 2013, et par Véronique Dubarry, adjointe au Maire de Paris chargée des personnes en situation de handicap. La ville de Paris soutient les actions de Starting-Block depuis 2001 et le tutorat Handivalides, objet central de la rencontre, a reçu en novembre dernier le premier prix des Trophées Extraordinaires.

Cora Cohen a présenté, dans les grandes lignes, le tutorat Handivalides, projet expérimental mis en place depuis trois ans par Starting-Block. On retiendra notamment que ce projet est né du constat reconnaissant la difficulté pour les jeunes en situation de handicap d’accéder à une orientation choisie plutôt que subie et que, pour l’année scolaire 2012-2013, il a concerné 87 jeunes en situation de handicap et 33 tuteurs bénévoles (étudiants ou jeunes actifs).

Ensuite la parole a été donnée à Simon Jahnich de l’EHESP qui a suivi, en tant qu’évaluateur, le projet depuis son lancement. En observant plusieurs séances et en menant de nombreux entretiens, il a constaté combien les objectifs du projet en terme de cohésion, de respect, de capacité d’expression et de confiance en soi avaient pu être atteints dans la plupart des groupes. Néanmoins il note des difficultés à travailler de manière plus approfondie sur le projet professionnel des élèves en situation de handicap. L’orientation est un sujet épineux qui dépasse le tutorat.

Il a émis, en guise de conclusion, plusieurs pistes de réflexion, notamment au niveau de l’implication des élèves qui ont souvent du mal à s’approprier le cadre du tutorat comme un espace libre dont ils peuvent être acteurs directs. On observe combien il est difficile de renverser la tendance de l’enseignement selon laquelle les uns savent et les autres apprennent.

Nous avons ensuite donné la parole aux différents acteurs du projet, à commencer par les établissements scolaires partenaires.

Evelyne Bloch, enseignante à l’EESRHM Maurice Coutrot à Bondy, Olivia Marchal, directrice de l’établissement Tournesol à Paris et Marie Fau, coordinatrice de l’ULIS du collège Louis Issaurat de Créteil nous ont expliqué pourquoi leurs établissements ont choisi de participer à ce projet, comment concrètement cela s’est passé et ce que ça a pu apporter à leurs élèves.

Au tour des étudiants : nous avons recueilli le point de vue de Claire Van De Voorde, étudiante à Telecom ParisTech et présidente de l’association Telecom Action Solidarité, et d’Hugo Gilbert, étudiant à l’ENSTA ParisTech, qui se sont tous les deux investis dans le projet. Nous avons également visionné le témoignage de Jean-Charles Lauzet, étudiant de l’UPEC et ancien tutoré du Lycée Léon Blum de Créteil, qui ne pouvait être présent en raison d’un examen (voir la vidéo).

Enfin, nous avons passé le micro à Dominique Delwaide, Directrice Opérationnelle d’@TalentEgal, association créée à l’initiation d’Alcatel-Lucent et partenaire du projet depuis deux ans.

Qu’est-il ressorti globalement de ces échanges ? Difficile de résumer en quelques lignes ! Voici tout de même trois idées revenues à plusieurs reprises.

- Une logistique souvent complexe. L’organisation des séances suppose un jonglage difficile entre les emplois du temps des élèves, les contraintes des établissements, les disponibilités des tuteurs étudiants…

- Une grande diversité. Elle concerne les établissements scolaires des élèves bénéficiaires (ULIS dans des collèges et lycées dits ordinaires ou établissements spécialisés), les typologies de handicap (handicaps moteurs, sensoriels et même depuis 2012 handicap mental). Elle se reflète, enfin, dans les formats proposés (de la séance obligatoire sur le temps scolaire à la présence facultative sur le temps périscolaire).

- Des retours très positifs sur le projet. Les différents acteurs expriment un réel enthousiasme et soulignent tous la richesse humaine du tutorat Handivalides. Les étudiants bénévoles y acquièrent des connaissances sur le handicap mais aussi des compétences transversales en terme d’animation de groupe et d’accompagnement individuel. Les jeunes en situation de handicap gagnent en confiance en eux, ils sont contents de venir dans un endroit « sans pression » et développent une vraie relation de complicité avec les tuteurs, leur permettant d’aborder de multiples sujets.

Suite à ces échanges, les perspectives qui se dégagent pour le projet sont essentiellement la consolidation du projet en Ile de France, le développement des partenariats avec les associations étudiantes d’autres régions qui voudraient elles aussi développer ce projet et l’enrichissement des contenus pédagogiques et des synergies avec l’entreprise, pour renforcer encore le volet « orientation professionnelle » du projet. Des ponts continueront aussi à être dressés avec les établissements d’enseignement supérieur, comme ce fut le cas pendant cette Campagne Handivalides, où des élèves suivis dans le cadre du Tutorat ont pu découvrir universités et écoles.

Quand on sait qu’aujourd’hui encore, 8 bacheliers en situation de handicap sur 10 renoncent à poursuivre des études supérieures, on comprend à quel point ce travail en amont est indispensable !

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A. Nicaise, Starting-Block