
Peux-tu nous dire dans quel cadre est née l’association CoMALI ?Thomas Tannou : La ville d’Angers est jumelée avec Bamako depuis une quarantaine d’années. Il existait déjà des échanges de jeunes, sous la forme de chantiers internationaux. Durant l’été 2004, lors d’un de ces chantiers à Angers, un jeune étudiant en médecine de Bamako a rencontré l’un des étudiants de corpo médecine. Ils ont sympathisé, tout en lançant l’idée de réaliser des actions communes, de créer un partenariat. Ils ont gardé contact et en 2005, cinq étudiants de médecine sont allés en séjour de découverte à Bamako. Suite à ces échanges est née CoMALI, en mai 2006…
Quelle est votre vision de l’Education au Développement ?Thomas Tannou : Pour nous, l’Education au Développement est complémentaire de la mise en place de projets au Sud. Ces projets nécessitent une réflexion en amont pour être pertinents. Ils s’inscrivent dans une démarche à long terme. C’est cette réflexion en amont qui fait l’objet de l’EAD. Pour rester crédible, il faut donc relayer un message au nord, concernant les réalités du sud, afin que toutes les associations travaillent dans la même direction. Il est important pour nous de sensibiliser les jeunes, car chacun dispose d’une possibilité d’engagement, d’action. L’EAD apporte la phase « réflexion » nécessaire au développement de projets solides, par la suite.
Peux-tu nous parler de ces projets que vous développez en partenariat avec Bamako ?Thomas Tannou : Nous soutenons essentiellement les projets de l’association Santé Plus, qui regroupe des étudiants en santé de la commune 6 de Bamako. Pour le moment, le plus gros projet est la mise en place d’une bibliothèque universitaire médicale. En fait, plus qu’une bibliothèque, il s’agit d’un véritable centre de ressources d’éducation à la santé. Notre but est que ce projet soit durable. Nous espérons par ailleurs accueillir deux étudiants en santé de la commune 6 du district de Bamako à la rentrée 2008, ici à l’université d’Angers, pour leur permettre de bénéficier des ressources pédagogiques de la faculté et échanger sur nos pratiques.
Le 17 mai, vous organisez en partenariat avec Starting-Block une journée de formation avec un regard transversal sur la position de la femme dans les sociétés du Sud. Quel est le but de cette journée ?Thomas Tannou : Il s’agit pour nous de dynamiser le réseau associatif local. L’un des objectifs de cette journée est donc de montrer aux petites associations l’intérêt de travailler ensemble et la richesse des échanges. En lien avec la thématique, l’objectif est également d’apporter une vision transversale sur la question de la position et du rôle des femmes dans les pays en voie de développement. C’est un sujet rarement abordé, mais qui est à l’ordre du jour, à la fois au travers des OMD, mais surtout au travers de nos projets au Sud où l’on ne se pose pas souvent ces questions d’équité entre les hommes et les femmes. C’est un élément à prendre en compte lorsque l’on met en place des projets, qui pourtant, ne va pas de soi.
Dernière question, en bonus… Vous avez organisé, durant la semaine de la solidarité internationale, 3 repas insolents simultanés. Peux-tu commenter cette expérience en quelques mots ?Thomas Tannou : Nous avons fait cela car nous pensons que pour un repas insolent, le nombre de participants à ne pas dépasser est 25. Cependant, nous désirions toucher le maximum de personnes possible et faire une action bien marquée, dans un cadre plus large. Nous avons donc organisé ces 3 repas insolents simultanés, en mixant 3 publics différents, et en choisissant comme lieu une maison de quartier. C’est ainsi que nous avons mélangé des associations de Solidarité Internationale, des étudiants, et des associations de quartier. L’essai s’est avéré très positif. Cette sensibilisation aux enjeux alimentaires mondiaux a permis de renforcer la solidarité entre les acteurs des quartiers. Nous avons depuis renouvelé l’expérience…
Thomas Tannou
Président de l'association
CoMALI