Adduna au Sénégal :

L'échange au coeur du projet

Photo : de gauche à droite : Elisabeth, Sarah, Flavie, Fanny  Devant : Mathilde .
Adduna et le Sénégal, c’est une histoire qui dure depuis 8 ans déjà. Association d’étudiants de l’école vétérinaire de Maisons Alfort et cellule d’Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières, Adduna mène chaque année des projets au Sénégal, en relation avec l’école vétérinaire de Dakar.

Photo : de gauche à droite : Elisabeth, Sarah, Flavie, Fanny. Devant : Mathilde.
 
Pour compléter ses actions en Afrique, l’association s’implique aussi depuis de longues années dans la sensibilisation à la solidarité internationale, en animant notamment le jeu inter associatif des Villageois de Diambey avec d'autres associations étudiantes franciliennes. Au sein de l’école vétérinaire, un stand de commerce équitable est régulièrement tenu, et des soirées à thème lancent des pistes de réflexion sur nos propres manières de consommer.

C’est donc le 16 janvier qu’a commencé l’aventure sénégalaise 2010. Ce fut le début de quatre semaines de péripéties. De l’école vétérinaire de Dakar à une ferme reculée de la brousse dans les environs de Saint Louis, cinq étudiantes ont été embarquées dans une splendide expédition au rythme de l’Afrique.
 
A Guelakh, elles ont vécu en immersion totale dans un centre de formation de jeunes éleveurs, fondé il y a vingt ans par deux cousins sénégalais. Le jour, elles travaillaient avec les autres stagiaires et formateurs du centre, à la fabrication d’une étable, à l'assemblage de planches de bois pour la mangeoire des futures chèvres, ou encore au repiquage d’oignons sous un soleil de plomb. La nuit tombée, tout le monde se retrouvait autour du dîner, le tieppbou dienne (riz au poisson) servi dans un grand plat unique. Enfin, à la lumière des frontales et de quelques lampes à gaz, les filles apprenaient à faire le thé et jouaient aux cartes avec les sénégalais, les uns apprenant les règles aux autres, les autres apprenant aux uns à tricher…
 
Photo : repas avec Mamadou et Abou, stagiaires pour un mois et le Dr Mamadou Ba et son collègue.
« Qui fera le développement de l’Afrique si ce n’est les Africains ? » Cette phrase de Doudou, fondateur du centre, est la base de toute la détermination que l'on voit ici: les stagiaires sont formés en quelques années à être des éleveurs indépendants, capables de mener un troupeau, de construire leur étable et leur puit, et de vivre décemment de leur activité. Les élèves vétérinaires ont essayé d’apporter leur pierre à cet édifice en réalisant un bilan parasitaire complet sur les troupeaux de zébus, chèvres et moutons, et en travaillant à adapter les rations à leurs besoins et à la production de lait. Mais bien plus que cette aide zootechnique et que le regard extérieur qu’elles ont pu apporter à cette structure, c’est l’aventure humaine qui marquera les souvenirs : peu importe notre histoire, nos origines, notre culture, nous travaillons tous ensemble et nous sommes tous liés!

Photo : repas avec Mamadou et Abou, stagiaires pour un mois et le Dr Mamadou Ba et son collègue

Seconde partie de l’aventure : Dakar, la grande ville où les immeubles côtoient les 4x4 lustrés et les minibus de transport en commun dans lesquels on peut voir la route défiler sous ses pieds. De marchés en échoppes, de couleurs en senteurs, nos apprenties vétérinaires s’imprègnent du paysage citadin, apprennent à marchander. Elles discutent par-ci, échangent par-là.
 
 
 Photo : clinique ambulante avec les étudiants vétérinaires de Dakar.
Echanger, voilà le maître mot de cette expérience, que ce soit avec les étudiants de l’EISMV, issus de 14 nationalités différentes, avec les professeurs de l’école, avec les éleveurs de volailles et les vétérinaires en clientèle que nous avons pu rencontrer. Toujours parler, s’expliquer, écouter et partager. Les étudiantes en apprennent chaque jour un peu plus sur ce pays, sur ses habitants, et sur ce métier qu’elles apprennent avec passion et qu’elles envisagent désormais sous un autre angle. Pour chacune, un déclic : il y aura un après et il y a eu un avant. Moi comme les autres, je peux dire que j’en suis revenue changée.

Photo
: clinique ambulante avec les étudiants vétérinaires de Dakar

En ayant eu ce rapide tour d’horizon de l’état d’avancement des techniques d’élevages et des conditions de vie des éleveurs, en ayant rencontré les vétérinaires actifs sur le terrain et les futurs vétérinaires qui aujourd’hui déjà font preuve de caractère et de détermination, conscients d’être les acteurs du développement de leurs pays, j’ose imaginer qu’un jour, entre Européens et Africains, on ne parlera plus d’aide ou de solidarité, mais bien, tout simplement, de travailler ensemble.
 
Elisabeth, membre d'ADDUNA
 

Réalisé par Ecedi