A Sevran (93), dans le cadre d’un festival organisé par le cinéma les 39 Marches, les équipes enseignantes des collèges Georges Brassens et La Pléiade se sont mobilisés et, en lien avec le Conseil Général de Seine Saint Denis (Via le monde), ont proposé à Starting-Block d’intervenir dans le cadre d’un projet éducatif auprès des collègiens. Une
première séance a eu lieu avec deux classes de 3ème les 13 et 15 avril. Nous avons échangé avec les jeunes sur la question de la souveraineté alimentaire. Pour cela, nous avons utilisé un outil pédagogique, la
pelote de lait, qui permet de déterminer les liens entre les différents acteurs de la filière Lait au Mali depuis le consommateur, jusqu’aux multinationales. Ce jeu est basé sur le Jeu de la Ficelle, de l’association belge
Rencontre des Continents.
Nous avons dû, durant les animations, faire quelques improvisations pour clarifier un peu les rôles de chacun :
- « Je suis une subvention à l’exportation, veux-tu profiter de moi, cher agriculteur » disait l’un. Et un agriculteur de répondre : « Mais à quoi me serviras-tu, chère subvention ?»
- « Je suis de l’argent provenant de l’Union Européenne, pour t’aider à produire plus. Ainsi tu pourras exporter ta production en Afrique ! »
C’est un peu simplifié, certes, mais tout de suite, ça devenait plus clair pour tout le monde.
La
deuxième séance, le 7 mai, consistait à accompagner les jeunes à la projection du documentaire au cinéma des 39 marches de Sevran, et d’organiser un échange-débat à la fin. Dans l’ensemble, ils ont apprécié et compris les nombreux enjeux et problèmes soulevés par le film de Coline Serreau.
Si deux heures furent un peu longues pour des adolescents de 14 ans, ils ont toutefois témoigné beaucoup d’intérêt et de curiosité : « Je ne savais pas que les cochons étaient élevés dans des conditions aussi horribles ». Nous tenions particulièrement à les laisser exprimer leur ressenti, car certaines informations et images peuvent être relativement choquantes : « c’est fou le bébé qui naît sans bras et sans jambes ».
Nous avons par la suite répondu à leurs questions et insisté sur certaines clés du film, telles que le danger des pesticides, le problème des semences, les types de solutions existants etc. Ils se sont ainsi imprégnés des solutions locales qui peuvent être mises en place, y compris à leur échelle. Le but était en effet de montrer que tout le monde, quel que soit son âge, sa situation, ses moyens, peut agir et faire bouger les choses : « en fait il existe des solutions sauf que personnes ne les applique », « il faut que chacun, s’il le peut, cultive dans son jardin ou aille dans des jardins partagés », « il faut manger local », « il faut boycotter certaines marques, certains produits »
Voilà plein de bonnes idées ! Il ne nous reste plus qu'à les mettre en œuvre, à notre échelle !
Virginie, volontaire « animation » sur le programme SENS de Starting-Block.